Graffiti
Story
Le
post-graffiti des années 2000
est au centre des pratiques artistiques
contemporaines. Il
est à la
fois artistique, improvisé, innovant et navigue
allégrement
en dehors des sentiers battus de la communication institutionnelle.
En changeant de techniques, en travaillant avec le papier,
en utilisant principalement l'affiche et le sticker (autocollant),
mais en émigrant aussi vers les ateliers de création
informatisés, le graffiti est devenu post-graffiti.
Forme expressive souvent inattendue et spontanée,
ce mouvement est rattachable à l'art au quotidien
qui s’affiche et se v oit sans complexe. On
peut donc parler d’art populaire, dans la plus pure
tradition du « Pop Art », qui a désormais
trouvé sa place méritée dans l’histoire
de l’art du vingtième siècle.
Malgré les
relations qu'il entretient avec Mai 68, l'agitprop, le
pop art, l'art conceptuel, le land art et le nouveau réalisme,
le mouvement du graffiti pourrait rester synonyme de ghetto.
Territoire inexploré par
la critique, il est pourtant un maillon éclairant
sur les attitudes urbaines d'aujourd'hui. Phénomène
générationnel, il apporte sa contribution à cette
histoire de l'art, qui descend dans la rue depuis le 18e
siècle.

L’autre
tendance du post-graffiti consiste à libérer
le graffiti de sa doxa. Certaines règles sont abandonnées
: l’usage unique de la bombe est délaissé au
profit d’outils divers, dont la PAO (Publication
Assistée
par Ordinateur) et son corollaire on-line : Internet. Le
mur perd donc son statut d’unique support possible.
Ces évolutions sont timides, progressives mais apparaissent
comme un souffle nouveau. De nombreuses expositions récentes
nous laissent entrevoir un graffiti en mutation : utilisation
de gravure sur des plaques d’acier, usage limité de
la bombe aérosol, abandon progressif du lettrage
pour la forme pure. Le graffiti se libère de ses
stéréotypes
et de sa répétitivité et se montre
capable d’évolution, de remise en cause. Dans
un monde qui ne permet de percevoir l’art qu’en
tant que ruptures il parait difficile d’accorder
un statut de révolution
au post-graffiti. Néanmoins, il remet en cause et brise l’orthopraxie
du graffiti. En tournant le dos à l’immobilisme, il laisse une
porte ouverte vers l’avenir et dessine des perspectives de mutation.
Le graffiti s’enrichit ainsi de pratiques diverses, se diversifie.
Le graffiti traditionnel ne s’adressait qu’à lui-même.
Le post-graffiti s’ouvre résolument au monde, stimulé par
le Web et ses dérivés multimédias. La route pour explorer
de nouveaux territoires de créativi té reste donc grande
ouverte… Le terreau de l’art contemporain et de la communication
visuelle n’ont donc pas fini de nous surprendre et de nous passionner !
Le post-graffiti en action dans le cadre des
nouvelles technologies de la communication :
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