Kingdom of heaven
Ridley Scott, auteur
de nombreux films épiques (Blade runner, Alien,
Gladiator) s'est
attelé à un
projet cinématographique passionnant, les croisades.
Le Royaume des Cieux
(Kingdom of Heaven) apparaît
au final comme une véritable
leçon d’ Histoire, et une reconstitution hyper réaliste de
grande qualité…
L'atmosphère,
les personnages et les faits sont reconstitués
de façon saisissante, tout en restant au service
du récit : l’aventure extraordinaire
d'un homme ordinaire, précipité dans un
conflit qui va durer des décennies : les croisades.
Etranger sur une terre qui lui est étrangère,
il va servir un roi condamné, s'éprendre
d'une troublante et inaccessible reine, avant d'être
fait chevalier.
Il lui faudra protéger les habitants de Jérusalem, dont Saladin
a entrepris le siège, sans jamais cesser de lutter pour maintenir une
paix fragile, fruit de nombreux compromis négociés et renégociés...
C’est
peut-être là, dans ce message de paix pragmatique,
dans cette invitation à une tolérance réaliste,
que se trouve la vraie force de ce film par ailleurs
très sanglant, avec des scènes de combats
titanesques d’une brutalité à peine
croyable. Alors que le conflit larvé entre l’Occident
et l’Islam semble se réactiver, ce film
arrive comme une bonne nouvelle, un rappel de l’histoire
qui trop souvent se répète, avec ses moments
d’héroïsmes, mais aussi ses périodes
d’horreurs et de tueries sans nombres ! Saurons-nous
en tirer les leçons ? Ce film nous y invite…
Beaux Livres : Moines soldats :
les porteurs du sabre et du goupillon.
Les éditions Mengès consacrent un superbe album
aux ordres militaires et religieux dans l’Europe médiévale,
album à l’iconographie remarquable.
Pour mettre un terme aux incessants conflits qui ravageaient
l’Europe, l’Eglise avait lancé les chevaliers
en mal de batailles à la reconquête des lieux
saints. C’est dans ce contexte qu’entre le XI° et
le XII° siècle, « la chrétienté occidentale
revêt les nouvelles armes d’une spiritualité militaire
qui christianise les images et les usages guerriers du siècle
pour faire du service armé à la cause de Dieu
et à la défense de l’Eglise un moyen
de sanctification ». 
Sous cet angle, l’initiative la plus originale est
la création de l’ordre du Temple en 1120 en
Terre sainte. Il combine monarchisme et service armé, à l’origine
la protection des pèlerins, avant de s’orienter
vers des missions plus lucratives. Dans ce cas, ce sont des
chevaliers qui décident d’entrer dans les ordres.
Mais l’on voit aussi des ordres monastiques créer
(à l’origine dans un unique but de défense)
des branches militaires…
Reste qu’au fur et à mesure, l’on assiste à une
sécularisation progressive de ces milices qui
se traduira par une diminution graduelle des valeurs monastiques.
Cela est dû en partie à leurs démêlés
avec les autorités épiscopales, dont l’hostilité était
motivée par des raisons économiques et pastorales.
De surcroît, le pouvoir séculier des monarchies
ne tarda pas à vouloir récupérer à son
profit le formidable potentiel militaire de ces Ordres, à une époque
où les armées professionnalisées permanentes
n’existaient pas.
Ces Ordres étaient généralement implantés
aux confins de la chrétienté ( Espagne, Est
de l’Europe, Terre sainte) et avaient pour but de lutter
contre les Infidèles, musulmans ou païens. Reste
que délimiter les frontières de la
chrétienté était
chose ardue. Ainsi, au XIII° siècle, l’évêque
de Jacques Vitry situait la frontière là où l’Eglise était
combattue par ses ennemis, à savoir les Musulmans
et les Païens, mais aussi les schismatiques grecs et
les hérétiques aux quatre coins de la chrétienté.
Le Glaive et la Croix, superbement illustré, nous
permet de nous plonger dans un Moyen Age
où le meilleur côtoie le pire et est un ouvrage de référence.
par Patrick Girard
Présentation
de l'éditeur
Enfants des croisades, les ordres
religieux-militaires ont toujours suscité un
imaginaire auréolé de légendes. Les deux premiers ordres,
celui des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem (futur ordre de
Malte) et celui des chevaliers du Temple, plus connus sous le nom de Templiers,
sont nés en Terre sainte entre la fin du XIe et le début du
XIIe siècle.
Ils ont ensuite été rejoints par les chevaliers teutoniques,
l'ordre de Saint-Thomas et de nombreux autres défenseurs de la chrétienté dans
la péninsule Ibérique. Chacun de ces ordres présentait
un double aspect : d'une part, un rôle militaire, puisque les moines-soldats
ont développé une intense activité défensive
en encadrant une partie des croisés, structurant une armée
embryonnaire et établissant
ainsi les valeurs de la chevalerie ; d'autre part,
un
rôle hospitalier
auprès des malades et des plus démunis - Saint-Jean d'Acre,
Malte, Rhodes sont autant de lieux témoignant de leur œuvre
d'assistance. Ecrit par une équipe de spécialistes européens
et servi par une très riche iconographie, cet ouvrage nous offre une
vue synthétique
des ordres militaires au Moyen Age, à travers une analyse précise
de la nature de ces institutions. Situation géographique, contexte
historique dans lequel ils ont pris naissance mais aussi disparu, importance
et sens de leur action sont étudiés pour chacun d'eux. Créateurs
d'un nouveau modèle de société, les ordres militaires
font partie des institutions qui ont forgé notre histoire puisqu'ils
ont contribué à établir
les fondations de cette entité que nous appelons aujourd'hui l'Europe.
 |
|