PRECIS DE DOCTRINE CHRETIENNE
AUTEUR : J.M. Nicole
EDITIONS : Editions IBN
Pour introduire notre réflexion sur la notion de
culte, nous avons choisi un extrait du Précis
de doctrine chrétienne, écrit par
l’excellent J.M Nicole…
Quant
au déroulement des offices (dans
l’église des premiers temps), nous avons l’impression
d’une grande liberté. La proclamation de la
parole, la lecture, le chant et la prière en étaient
les éléments principaux, avec la Sainte Cène…
Très
vite, cette spontanéité a disparu,
et l’habitude s’est introduite d’avoir
un ordre de service plus ou moins rigide. Déjà dans
la Didachée (Doctrine « dite» des
Apôtres, document daté de la fin du 1 er siècle,
début du 2 ème) cette tendance est amorcée.
On appelle liturgie un texte prévu
d’avance pour un office religieux. Ce terme et d’autres
qui lui sont apparentés apparaissent quelquefois dans
le Nouveau Testament, mais dans un sens beaucoup plus général
pour indiquer n’importe quel service de caractère
sacré (Lc 1.23 ; Act 13.2 ; Rom 13.6 ;
15.16, 27, etc…)
Au cours des siècles, le cléricalisme et
le formalisme se sont aggravés, et
la liturgie s'est figée de plus en plus. La réforme a
réagi contre cette tendance en proclamant le sacerdoce
universel des croyants. Luther aurait voulu
donner une responsabilité beaucoup plus considérable
au peuple chrétien, mais il a dû constater que
les fidèles n’avaient pas la maturité voulue
pour un tel changement. Les Eglises luthériennes,
réformées et surtout anglicanes ont donc continué à réserver
aux ecclésiastiques dûment installés
le privilège de présider le culte, et elles
ont maintenu une liturgie assez élaborée. Les
Eglises dissidentes qui ont vu le jour peu à peu depuis
le temps de la Réforme ont réagi contre cette
tendance en allant plus ou moins loin dans la direction opposée.
Aujourd’hui
nous avons donc au sein du protestantisme des communautés
aux formes liturgiques fixes, avec un ordre de service écrit
d’avance, des prières
lues, parfois des répons. Nous avons d’autres
qui aspirent à un culte plus spontané, quelquefois
exubérant, et auquel plusieurs fidèles participent
activement. En fait, là aussi, des habitudes
ne tardent pas à s’établir et des innovations
sont parfois accueillies avec défaveur.
A la lumière du Nouveau Testament et de la souplesse
qui caractérise le culte chrétien primitif,
soyons sur nos gardes pour éviter le formalisme quel
qu’en soit le genre. (…) Si le Saint Esprit
n’est pas à l’œuvre, les plus belles
formes (de cultes) restent creuses, et l’absence de
forme ne vaut pas mieux. Si l’assemblée vibre
sous l’action de l’Esprit, un souffle bienfaisant
animera la liturgie la plus traditionnelle et inspirera les
interventions les plus spontanées.
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