Subir
ou gérer, là est la question !
Roger
Moyson est psychologue
de formation, il a exercé plusieurs années en qualité de
psychothérapeute. Fondateur d'un bureau de formation, il organise
des session de formation à la gestion du temps et à la gestion
de soi pour les cadres d'entreprise. Son livre est
le fruit de 25 années
d'expérience de la gestion du temps dans les entreprises les plus
performantes.
Quand on parle de gestion
du temps, il est clair que ce n’est pas du temps de l’horloge
qu’il s’agit mais bien de l’utilisation
qui est faite de celui-ci, c'est-à-dire de l’autonomie
qu’on se crée dans une situation donnée.
On peut considérer la vie professionnelle
d’une personne comme une contrainte qui s’exerce
sur son autonomie. Face à cette contrainte, deux attitudes
sont possibles : soit l’individu fait face, assume,
se crée, dans cet situation, un espace d’autonomie
; soit au contraire il se laisse submerger par la situation,
il la subit et réduit à néant son autonomie
personnelle.
C’est ainsi qu’on peut représenter
la vie professionnelle d’un individu par un cercle
dans lequel s’inscrivent les mille et une contraintes
propres à la profession : le patron, les délais,
les budgets, les collègues, les horaires… Au
centre de ce cercle figure un autre cercle qui est celui
de l’autonomie de l’individu. Toute la question
pour lui sera celle de la gestion de la limite entre le cercle
extérieur et le cercle de son autonomie.
Soit les contraintes
imposées par
sa situation spécifique pèseront à ce
point sur lui qu’il laissera son autonomie se réduire à sa
plus simple expression ; l’individu ne gère
rien, dans ce cas il subit. Soit l’individu développera
son autonomie par rapport aux éléments extérieurs,
il jouira donc d’un rayon d’action qui, pour
incomplet qu’il soit (il n’est pas possible de
dépendre en rien d’éléments extérieurs),
le fera davantage passer du stade de l’exécutions à celui
de la gestion. Ainsi s’améliorera le travail
du cadre qui aura par exemple appris à dire « non » quand
cela s’avère nécessaire, qui aura délégué ces
mille et une besognes qui ne doit pas nécessairement
réaliser lui-même et qui entrent parfaitement
dans les compétences d’un autre, qui aura pu
se préserver des plages de silence et de calme pour
les activités de concentration et de conception, qui
sera parvenu à équilibrer sainement vie professionnelle,
vie familiale et loisirs…
Bien gérer son temps
consiste donc à concilier
ces deux extrêmes que sont les opération imposées
par l’extérieur et les besoins d’autonomie
de l’individu. Ces une opération indispensable
que seul l’individu lui-même peut et doit réaliser
s’il ne veut pas très vite être dévoré par
les contraintes extérieures. Il y va de sa carrière
mais surtout de son équilibre.
Mais il faut le vouloir ! Gérer
ou subir sont affaire de mentalité : prise de conscience,
volonté de changer, désir de
vivre mieux, force de caractère… La mentalité c’est
l’affaire de chacun.
Roger Moyson
Gérer son temps et son stress,
Pour un nouvel humanisme aux éditions de Boek & Lacier,
Département De Boek Université,
Paris, Bruxelles.