L'amour de Dieu n'a pas de tabou !
J'ai été amené à accompagner récemment un couple de chrétiens qui ont traversé une grave crise dans leur vie conjugale. Sur les conseils de leur pasteur, ils se sont engagés dans un vrai travail psychothérapeutique, pour chercher à comprendre l'autre plutôt que de se juger ou de se rejeter mutuellement. Cela les a conduit à se pardonner, et mieux encore à permettre à l'autre « d'aller vers lui-même ou elle-même », en lui offrant plus de liberté, alors que leur souffrance les aurait convié à faire l'inverse. Au point que, le mari offrit une journée de séances photo à son épouse, pour lui faire retrouver ses sensations de mannequin qu'elle avait eu dans sa jeunesse, et redynamiser le désir dans leur couple.
Ayant fait l'expérience, en traversant ensemble cette crise, que « tout concourt au bien de ceux qui aiment Dieu », ils ont pu découvrir au cours de cette séance photo combien Dieu pouvait être présent dans ce lieu de désir. Voici le témoignage de l'épouse, qu'elle offre volontiers à tous (avec en prime, ci-dessus, une des photos réalisées ce jour là) sous forme d'un monologue adressé à chacun.
Bruno Dal-Palu.
Psychologue-psychothérapeute.
« L'amour de Dieu dépasse les frontières et l'univers ! Lors d'une séance photo sur Paris, je me suis rendu compte de sa puissance ! J'avais prié que ces séances photos soient un moment qui m'aide à me reconstruire après l'épreuve que j'avais vécu et que cela ne soit pas un moment d'égarement ou de dépravement…
Dès mon arrivée dans ce célèbre studio parisien, je fus rassurée lorsqu'en pénétrant dans la loge de mon maquilleur et coiffeur, je vis que figurait une statue de bouddha, puis une photo de Jésus !
Agé de 33 ans, ce petit bonhomme à l'allure décontractée et sympathique avec qui j'ai partagé trois heures de mon temps m'a beaucoup apporté et à travers lui, Dieu m'a interpellé.
Très rapidement j'engageais la conversation sur la photo de Jésus en lui disant à quel point elle me touchait de par ce qu'elle dégageait. Il m'a souri et m'a répondu que : «tous ne pensaient pas comme moi».
J'ai pu alors lui dire combien je croyais en Dieu et en ce Jésus mort pour moi, pour lui, pour l'humanité.
Il m'a ensuite confié qu'il a commencé par le bouddhisme, et qu'il a continué par le christianisme, car a-t-il ajouté : « Jésus m'apporte une dimension que bouddha ne pouvait me donner !»
Puis il m'a dit : « Je suis homosexuel et toute ma famille m'a rejeté et j'en souffre mais c'est ainsi» .
Et, dans sa course, il a continué en m'ouvrant son cœur que j'ai pris plaisir à écouter, et tandis qu'il transformait mon image, moi je découvrais la sienne.
« Un jour me dit-il , une amie me dit, viens, il faut que je t'emmène au sacré-cœur, alors j'y suis allé ! Et puis je me suis arrêté devant le sacré-cœur et je me suis effondré en larmes sans plus pouvoir m'arrêter, et là j'ai eu envie de serrer Jésus dans mes bras» me rajoute-t-il.
Je l'ai regardé et je lui ai dit ceci : « Ta famille t'a rejeté mais Dieu, Lui t'a accueilli, tu as vécu une véritable conversion».
Il a souri et m'a dit : « Oui, je crois !».
Alors toi qui me lit et qui a la foi, toi qui est enfermé dans tes certitudes d'hommes d'église et de croyants, ne crois-tu pas que l'amour de Dieu dépasse les murs, les frontières et les barrages que nous nous posons pour nous rassurer ?
Je crois, quant à moi que si Dieu dans sa miséricorde, ayant pourtant le pouvoir de juger ou de condamner, ne le fait pas, qui sommes-nous pour le faire en son nom !
Je reste persuadée que Dieu ne regarde que les cœurs, dans leurs différences, tandis que nos églises se constituent dans des rassemblements de personnes formatées, excluant les homos, les chippendales, et même les filles canons.
Le péché de luxure de la plastique par exemple, reste dans la tête de ceux qui ont peur d'eux-mêmes. Je reste persuadée que le cœur de ceux qui se réalisent dans ce qu'ils sont, sont plus purs que ceux qui sont étriqués dans leur droiture.
Mon Dieu a rencontré cet homosexuel et fut un soutien pour notre couple, voilà la dimension de l'Amour de celui auquel je crois depuis 36 ans."
Ce témoignage nous invite à méditer sur de nouvelles stratégies d'évangélisation, qui présentent l'Amour de Dieu, non comme un «tue-désir», mais au contraire un soutien pour s'aimer et aimer l'autre inconditionnellement.
Dans notre civilisation où le désir est incontournable, on ne pourra plus proposer une démarche de foi pour constituer des églises comme une armée de frustrés, mais il nous faudra des témoignages de ce genre, pour montrer que de manière extraordinaire, le croyant en une Dieu d'amour reste un Etre éternellement désirant.
Bruno Dal-Palu.
Psychologue-psychothérapeute.
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