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Marie,
mère de ...
Parlons un peu de Noël !
Noël, noël... Chaque année, dans
notre bienveillante tradition chrétienne, il nous est donné
de nous arrêter, ou de "faire pause", autour du
thème de la nativité.
Thème malheureusement devenu aussi efficace qu'un placébo
pour beaucoups d'entre nous ; à force d'en entendre parler
et reparler, cela devient parfois difficile de s'émouvoir
ou de se concentrer sur le sens de cette fête !
Laissons nous ramener à la génèse, au coeur
de Noël : Marie, mère de ;Jésus...
Elle est un personnage central de la Bible, et pourtant, dans certains
milieux, par pudeur protestante, on ose à peine la mentionner,
et l'on se risque difficilement à parler d'elle dans les
prédications. Sans la béatifier ou en faire une icône
de plus, écoutons ce que Dieu veut nous dire au travers de
cette femme profondément moderne, dans le sens où
elle a su être vraiment "sujet du Verbe", osant
faire devant Dieu un choix libre et courageux, qui a marqué
l'humanité et chacunes de nos vies pour l'éternité.
Pour tout cela, Marie mérite d'être
louée, dans le bon sens du terme, c'est à dire reconnue,
appréciée, présentée comme un exemple
et digne de notre affection...
Ce qui peut être aussi l'occasion de poser des ponts de compréhension
entre tous ceux qui de divisent sur l'attitude à adopter
vis-à-vis de la mère du Christ.
De quoi réfléchir à chaque
fois que la nouvelle année approche, période des "nouvelles
résolutions"...
Alors, ensembles pour un monde chrétien
moins divisé ? Chiche !!!
Dans la foulée de cet édito, voici
un extrait d'un article de Robert Somerville paru dans "Pain
& Vie", qui nous semble compléter notre réflexion
:
" L'humilité était loin d'être
tenue pour une vertu par les Grecs d'autrefois. Elle était
plutôt jugée méprisable. C'est encore vrai pour
beaucoup de nos contemporains. Elle évoque la tristesse,
la honte, un mépris de soi quelque peu masochiste. Il faut
reconnaître que certains chrétiens peuvent parfois
donner l'image d'une humilité forcée, larmoyante,
pitoyable, qui ôte à tous ce qui les voient l'envie
de suivre Jésus-Christ.
Marie, au contraire, nous révèle le visage d'une humilité
joyeuse, forte, reconnaissante. Loin d'être accablée
par sa faiblesse, elle chante sa joie, elle clame son allégresse,
elle exulte à la pensée de la grâce qui lui
à été faite. Elle reconnaît qu'lle n'avait
rien pour attirer les regards de Dieu et s'émerveille du
bonheur qui lui a été accordé : " Le tout-puissant
a fait pour moi de grandes choses". Il lui suffit d'être
la servante du Seigneur.
Cela ne va pas de soi. Il est difficile à ceux qui ont vécu
une expérience exceptionnelle de résister à
la tentation de s'en glorifier. Ce qu'ils ont connu les met à
part (et même au-dessus) du commun des mortels. L'apôtre
Paul en était conscient. Son écharde dans la chair
lui a été utile pour l'empêcher de se glorifier
des révélations extraordinaires qu'il avait eues (2
Cor. 12). Marie, elle, ne cherche pas à s'élever au-dessus
des autres. Elle parle d'elle-même certes ( il peut y avoir
de l'orgueil à ne jamais parler de soi !), mais très
simplement, naturellement, sans se mettre en avant.
C'est Dieu qu'elle exalte. C'est à cause de lui qu'elle jubile.
C'est lui qui tient la place centrale dans ce cantique.
... "Dieu a renversé les puissants
et exalté les humbles". Jésus nous invite à
croire avec Marie que c'est bien là le sens de son action,
qu'il est possible de lui faire confiance même quand tout
semble indiquer que ce sont les méchants qui triomphent.
Il nous appelle à le suivre sur le chemin de la croix, qui
est celui de l'humilité, de la douceur, du service.
N'est-ce pas là la raison même d'une action sociale
chrétienne : agir en faveur des pauvres, des déshérités
de la vie, élever les humiliés et les offensés,
leur redonner dignité et droits qu'ils avaient perdus ?
Si nous refusons d'entendre cet appel, si nous persistons à
croire que la réussite de notre vie passe par le pouvoir,
la richesse et la gloire qui vient des hommes, nous serons des freins
au renversement des valeurs que Dieu veut faire venir dans le monde.
Et nous serons privés de la joie de découvrir que
"celui qui s'abaisse sera élevé". Nous connaîtrons
plutôt la triste expérience que "celui qui s'élève
sera abaissé".
Demandons à Dieu, en chaque temps de Noël, de nous donner
la foi tranquille et joyeuse de Marie, pour que le renversement
des valeurs qu'elle chante se vérifie d'abord dans notre
propre vie."
Edito réalisé à
partir d'un extrait d'un article de Robert Somerville paru dans
"Pain & Vie"
Source : www.lasev.com
P. Gheysen, webmaster de Paraboles.net |