Pourquoi je prie
Pourquoi ?
C’est assez simple. Je vais m’appuyer
sur une comparaison : je suis médecin ;
c’est mon métier et dans ce métier il
se passe beaucoup de choses, les informations évoluent
vite, parfois très vite et dans de nombreux domaines.
Si je ne veille pas à entretenir mes connaissances,
ma « relation » avec le monde médical
par la lecture, des formations, des rencontres etc…rapidement
ma compétence va diminuer et je vais me sentir moins
motivé, moins enthousiaste, moins compétent,
moins passionné. Ce serait la même chose avec
ma femme : si nous vivions côte à côte
sans aborder les sujets de fond, sans s‘écouter,
si je ne cherche pas à entrer en relation avec elle
en sortant de préoccupations quotidiennes ou de mes
seules préoccupations professionnelles : la relation
deviendrait stériles, tendu ou indifférente.
Ce
ne sont que des comparaisons, toutes proportions gardées.
Mais il en est de même pour ma vie spirituelle et de
ma relation avec Dieu : si je ne prie pas, ma perception
de Dieu devient peu à peu intellectuelle avec de surcroît
le risque de ne vivre que de souvenirs passé et d’interprêter à ma
convenance la réalité de Dieu dans ma vie et
sa Parole. Sans prière, il y a de moins en moins d’expériences
vivantes, d’intervention de Dieu, de vécu relationnel
et émotionnel avec Dieu. Et tous mes traits de caractère
mauvais ont tendance à reprendre le dessus. Je suis
convaincu que chercher à se maîtriser avec ou
sans la prière ne donne pas le même résultat.
Si
je prie, alors je vérifie que Dieu intervient
dans ma vie. Je vérifie régulièrement
l’impact de la prière également sur la
vie de ceux pour qui je prie (même irrégulièrement)
et je maîtrise mieux mes fragilités personnelles.
Je suis plus en harmonie profonde avec moi-même. Je
me remets plus facilement en question et pardonne plus facilement
les autres.
Je ne prie pas toujours régulièrement,
loin s’en faut : le travail, la fatigue, les soucis,
les imprévus… me font bien souvent « oublier » ou
remettre à plus tard ce précieux moment de
rencontre avec Dieu. Mais j’y reviens bien vite car,
je l’ai dit, je maîtrise moins bien mes pensées
et mon intérieur, et parce que j’aime mes amis,
j’aime garder contact avec eux et Dieu, mon Père,
et Jésus sont des amis et plus que des amis. Je suis
différent avec ou sans Dieu : avec Dieu, je gère
mieux ma vie, je garde mieux mes pensées, je traverse
mieux les tentations, et il se passe souvent des choses étonnantes.
Les gens me parlent parfois spontanément de leur vie,
ou de leur soif de connaître Dieu, de leurs difficultés
et je suis malgré moi celui qui peut écouter,
parfois conseiller et ouvrir à l’autre une possible
relation avec Dieu.
Dieu n’est pas une « baguette
magique ».
Il ne fait pas tout à notre place. Il se cherche et
se laisse trouver. Il met des occasions de rencontre dans
nos vies et dans ma vie. A nous de les saisir…ou de
ne pas les saisir. Je reste aussi avec des questions, je
ne suis pas dans le « Nirvana » quand
je prie ou quand je remarque que Dieu intervient dans ma
vie.
Pour moi, Dieu, mon Père, et Jésus son
Fils, sont des repères très solides qui guident
mes choix d’adulte et viennent éclairer mes
ambigüités
intérieures. Ce sont des personnes qui veillent sur
moi et sur qui je peux m’appuyer.
L’idéal serait de prier chaque jour bien régulièrement.
Je n’y parviens pas sauf en certaines périodes.
Mais je pense que l’essentiel est d’être
suffisamment régulier et de lire aussi de temps à autre
la Bible (quelques versets, un psaume…) qui nourrit
la Bible.
Personnellement j’aime beaucoup lire les Evangiles :
ce sont les paroles, les enseignements de Jésus et
ces lectures me stimulent. En ce qui me concerne il y a donc
des périodes intenses de prière de d’autre
périodes plus stériles. Mais je sais que je
ne peux ni ne veux me passer de cette grande chance que j’ai :
vivre ma vie avec Dieu
Christian Matton, médecin à l'ABEJ-Lille
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