Les législatives approchent : crêpage de chignons en perspective ?

« La France a besoin de retrouver ses racines chrétiennes ! » Qui l'affirme ? Max Gallo, ardent défenseur des valeurs républicaines et laïques. Il s'attaque, via une trilogie romanesque, à l'histoire des premiers chrétiens. L'occasion pour lui de confesser sa foi en Dieu.

 

Les législatives approchent, et l'on se demande jusqu'où l'on est en droit d'avoir une opinion sur ce qui se passe en politique en France en ce moment. Jusqu'où est-on également en droit d'exprimer une opinion. Il y a peu, Laurent Joffrin , éditorialiste notamment du journal LIBERATION , et peu suspect d'avoir des idées de droite, qualifiait la campagne de Ségolène Royale d'à la fois « moderne et brouillonne ». On ne saurait mieux dire, pour autant que l'on soit autorisé à le dire ! M'étant pris une volée de bois vert par mails interposés il y a peu, parce que j'avais émis un jugement de valeur sur le face à face télévisuel entre les 2 finalistes du second tour, j'ai eu la surprise de constater que pour certains, la politique est presque plus sacrée que la religion ! C'est visiblement un sujet tabou, avec une certaine ligne de bien-pensance plus ou moins militante, qui fait que si vous n'avez pas compris que Jésus a toujours été de gauche, c'est que vous êtes un traître et un abruti !!! Personnellement, ce qui m'intéresse dans les paraboles et les enseignements de Jésus, c'est qu'il fait tout sauf de la politique. Sinon, il aurait sans doute accepté qu'on le fasse roi, et serait devenu le symbole d'un contre-pouvoir pacifiste face à l'envahisseur romains. Jésus n'était ni protestant, ni catholique, mais juif. Il n'était ni de gauche ni de droite, mais fidèle à lui-même, et fidèle à la parole du père qui l'avait envoyé pour être son témoin.

Il me semble tout à fait évident que le fait d'être chrétien dans nos convictions ne fait automatiquement de nous des gens de droite, ou de gauche, ou du centre. Pas plus que notre foi ne nous interdit de participer au débat politique. Au contraire, nous devrions avoir des opinions, des avis, des idées, et être capable d'en discuter sereinement, même et surtout s'il y a divergence !

Et tout cela a fait germer en moi l'idée d'une nouvelle rubrique : « Politique et foi » dans le site Paraboles.net. Après tout, nous sommes tous citoyennes et citoyens de notre société, concernés par ce qui nous entoure, qu'il s'agisse d'un village, d'un quartier, de notre ville. Qu'est-ce qui ferait qu'en tant que chrétiens nous ne pourrions pas donner le témoignage de notre capacité à nous impliquer dans la politique (étymologiquement « la chose publique ») sans nous crêper le chignon les uns les autres?

Je lance donc le coup d'envoi avec le parcours très étonnant de Max Gallo, ancien communiste, homme de gauche de longue date, qui nous explique tout d'abord pourquoi il prie, et ensuite comment il envisage l'actuel clivage gauche droite, et toutes les questions que cela soulève. Beau débat en perspective… n'oubliez pas de réagir !!!

Max Gallo : "Pourquoi je prie"

« La France a besoin de retrouver ses racines chrétiennes ! » Qui l'affirme ? Max Gallo, ardent défenseur des valeurs républicaines et laïques. Il s'attaque, via une trilogie romanesque, à l'histoire des premiers chrétiens. L'occasion pour lui de confesser sa foi en Dieu.

Propos recueillis par Laurent Grzybowski pour La Vie
26/09/2002

Pourrait-on qualifier l'expérience que vous décrivez dans votre prologue de « conversion » ?

Max Gallo : Le mot me paraît beaucoup trop fort. Je me suis toujours défini comme catholique même si je ne suis pas pratiquant. J'ai été baptisé dans une famille d'origine italienne qui était laïquement catholique. Cette rencontre avec un événement inattendu, à l'église Saint-Sulpice, m'a brusquement obligé à réfléchir sur la place de la religion, et particulièrement du christianisme, dans nos sociétés occidentales. C'est ce qui m'a décidé à écrire cette nouvelle grande fresque historique autour des trois personnages qui ont définitivement marqué l'histoire de notre pays : Martin de Tours, Clovis et Bernard de Clairvaux.

Il y a tout de même ce cri du cœur : « je suis croyant ! ». Aviez-vous déjà eu l'occasion de dire à quelqu'un « je suis croyant » ?

Max Gallo : Il m'est arrivé de le dire, mais jamais de manière aussi précise, aussi affichée. Peut-être parce que quelque chose s'est déclenché en moi qui m'a incité à le manifester. Peut-être aussi parce que les questions religieuses, liées aux évènements internationaux du 11 septembre, et l'attitude d'une religion comme l'islam, me conduisent aujourd'hui à affirmer ma propre appartenance avec plus de force. Non pas pour afficher je ne sais quelle supériorité mais pour exprimer une identité autrement que par un creux ou par une absence.

Mais la laïcité républicaine que vous défendez si chèrement ne peut-elle tenir lieu d'identité ?

Max Gallo : Cela n'est pas contradictoire. Laïc et républicain, je suis également catholique. Ce serait une imbécillité que de vouloir opposer ces deux appartenances. Ceux qui refusent de vibrer au souvenir de Reims et ceux qui lisent sans émotion le récit de la fête de la Fédération ne comprendront jamais l'histoire de France. Mon travail d'écrivain, depuis quelques années, consiste précisément à essayer de donner une image la plus complète possible de la diversité de notre histoire nationale. Les chrétiens s'inscrivent dans le droit-fil d'une biographie de Napoléon, de De Gaulle ou de Victor Hugo. Tout cela tourne en fait autour d'une interrogation sur les fondations de notre collectivité nationale et de l'identité française très précisément.

Cette prise de conscience a-t-elle changé quelque chose dans votre existence ?

Max Gallo : Curieusement, j'ai redécouvert le sens de la prière, celle que je pratiquais durant mon enfance. Elle est pour moi un moment d'apaisement personnel. On a tous des tensions dans une journée, le soir, le matin et le fait de prier m'apaise. Plus profondément, face à tous les fanatismes et à toutes les tentations sectaires, il me paraît nécessaire de prendre le temps de nous arrêter pour nous poser quelques questions fondamentales, spirituelles, qui touchent au sens de la vie. A cet égard, le christianisme est une religion qui, me semble-t-il, essaie d'éviter les fermetures tout en prenant en compte la demande de spiritualité très forte de nos contemporains. Cette religion s'appuie sur une conviction très forte et très novatrice : il y a du divin et du sacré dans chaque homme. Cette conviction est aussi la mienne.

 

Max Gallo , né à Nice le 7 janvier 1932 , est un écrivain , un historien et un homme politique français

Écrivain à grand succès, il a publié un nombre d'œuvres impressionnant, souvent à fort tirage. Ses premiers romans , qu'il appelle des ouvrages de « politique-fiction », ont été écrits sous le pseudonyme de Max Laugham .Il excelle dans son style littéraire qu'il appelle des « romans-Histoire », en travaillant avec les ressources historiques et en complétant son écriture de façon romanesque en y ajoutant son expérience personnelle et ses sentiments. Il n'exerce plus depuis 1994 de fonction politique.

Militant et membre du Parti communiste jusqu'en 1956 , ses études d'histoires vont le conduire à abandonner cette voie qu'il juge aberrante, tout en restant d'orientation de gauche . Il adhère au Parti socialiste en 1981 sur demande des socialistes niçois qui cherchaient une personnalité de marque ayant une notoriété suffisante pour s'opposer au maire de l'époque Jacques Médecin , considéré comme un despote au pouvoir depuis des décennies. Max Gallo était alors très connu pour avoir publié son roman sur sa ville de Nice, La Baie des Anges , qui fut un succès national et local. Il parvient à se faire élire député des Alpes-Maritimes en 1981 mais est battu lors des élections municipales de Nice en 1983 .

Il rencontre pour la première fois François Mitterrand lors de l'émission télévisée, Apostrophes , de Bernard Pivot , en 1976 . En 1983 , il est nommé secrétaire d'État et porte-parole du gouvernement de Pierre Mauroy . Cette attribution nouvelle le conduit à créer ce petit ministère avec pour directeur de cabinet François Hollande . Il quitte le gouvernement en 1984 afin de consacrer plus de temps à son travail littéraire et exercer son mandat de député européen de 1984 à 1994 .

En 2002 , il quitte le Parti socialiste avec Jean-Pierre Chevènement , pour fonder le Mouvement des citoyens , dont il devient vice-président. En 2004 il abandonne son engagement politique et se consacre tout entier à l'écriture.

Il a toutefois annoncé son soutien à Nicolas Sarkozy à l' élection présidentielle de 2007 .

Voici ce qu'il nous livre dans une récente interview sur www.lepoint.fr (extraits)

Je crois que nous assistons à la fin d'un cycle politique et idéologique, ce cycle politique a commencé dans les années 1960, celui qui s'achève, avec finalement une domination idéologique de ce qu'on appelle la gauche, et la gauche marxisante. Or, aujourd'hui, avec Sarkozy, nous avons, pour la première fois depuis 1945, probablement quelqu'un qui à la fois se revendique du gaullisme, puisqu'il est gaulliste, et c'est tout un aspect de son discours sur la nation, l'identité nationale, qui s'inspire au fond de cette tradition, explicitement, et en même temps quelqu'un qui se revendique de la droite décomplexée, et qui ose affirmer qu'il est de droite, ce que n'ont jamais fait un certain nombre d'autres présidents : VGE et Chirac, par exemple. Donc il y a une réelle ouverture d'un nouveau cycle politique et idéologique. J'ajoute que c'est moins une victoire des idées de droite que, en fait, la mort, pour la première fois constatée, de l'idéologie de gauche, car cette mort a des racines lointaines, profondes, dès les années 1950 du 20e siècle, avec la Révolution hongroise, le rapport sur les crimes de Staline. Au fond la crise de la pensée marxiste était engagée, et il a fallu en effet toutes ces décennies pour que peu à peu, par vagues successives, le PS notamment perde de sa substance, les intellectuels d'abord, dès les années 1960, puis un certain nombre de couches salariées, et aujourd'hui on peut dire que le PS est mort… Mais cette mort entraîne évidemment aussi une crise du positionnement du PS à la fois sur le plan politique - quels alliés ? - et sur le plan idéologique: quel monde ? Comment l'interpréter ?

Je crois que la gauche française doit se réformer, car elle est atteinte d'une maladie mortelle, elle est devenue incapable de regarder le monde en face. Et étant incapable de le regarder en face, évidemment, elle n'est pas capable de l'interpréter, et encore moins de le transformer. Ce qui a été frappant, dans cette campagne présidentielle, c'est que c'est le candidat Nicolas Sarkozy qui a mis sur la table tous les thèmes qui sont devenus des moments de la campagne : le travail, l'immigration, la sécurité, la mondialisation, l'identité nationale. On peut discuter des solutions qu'il a affectées à ces problèmes, mais c'est lui qui a donné les thèmes de la campagne, et face à cela, la gauche n'a été capable que de réponses que je qualifierai de morales ; pas de solutions spécifiques. Donc la gauche doit absolument commencer par regarder le monde, et le monde c'est la mondialisation, le capitalisme, ou ce qu'on appelle le libéralisme, et elle doit absolument partir de cette réalité.

Visiter le site:
www.lavie.presse.fr

Visiter le site :
www.lepoint.fr

 

Date : 07/06/2007
Titre de l'article : Les législatives approchent
Nom ou Pseudo : Yohann
Pays : Francophonie

Réaction : j'ai beaucoup apprecié cet éditorial dans le sens où je me suis dit : enfin, on va voir naître des rubriques "foi et politique". en revanche, c'est dommage que les chrétiens n'osent pas encore défendre les couleurs du parti républicain chrétien, n'est-ce pas là une initiative qui pourrait aider au changement de mentalité dans notre pays ? je le crois et je vous interpelle à ce sujet. Le site du parti républicain chrétien est le suivant (pour ceux qui ne le connaissent pas) : www.prc-france.org bonne journée à tous et merci à paraboles.net pour ses pensées intéressantes et souvent édifiantes.

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Date : 11/06/2007
Titre de l'article : Les législatives approchent
Nom ou Pseudo : LN
Pays : France
E-mail : roussetmartine@free.fr

Réaction : Je réagis à l'article "les législatives approchent". Ma question c'est : y-a-t-il une spécificité chrétienne en politique et si oui laquelle ? Les chrétiens s'étirent sur tout l'échiquier politique ; il y a des cathos à l'extrême droite (malgré la position des évêques en 2002) jusqu'à des anarchistes dans la mouvance de Jacques Ellul. Si le Christ, comme le dit l'article, n'a pas pris position en politique n'est-ce-pas à interpréter comme un renvoi à la conscience de chacun(e)? L'Esprit en chacun agit-il dans le sens d'une opinion politique commune ? Il me semble que cette affirmation comporte plus de dangers que d'intérêt et il me semble aussi que l'histoire de la chrétienté devrait nous rendre prudents.









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