Le sens de la vie est devenu « tendance ».

Le sens de la vie est devenu « tendance ». Avoir des buts, des objectifs… Savoir où l'on va, comment y aller. Etre bien dans sa peau, être en cohérence avec soi-même. Accepter de faire le deuil de ses certitudes pour oser croire dans ses convictions. Sans vouloir à tout prix convaincre l'autre, sans prosélytisme invasif. C'est tout un chemin de sagesse qui s'offre en fait à l'homme moderne aujourd'hui, qu'il soit un chrétien convaincu, ou un simple péquenot d'incroyant !

Car elle demeure envers et contre tout, cette terrible barrière élitiste entre les « sauvés », ceux qui ont tout compris, qui ont reçu l'illumination, et les autres... Les autres, ont les aime bien, on s'en pourlèche même les babines : « Ah, si seulement ils voulaient bien se convertir ! ».

Après tout, plus on est de fous, plus on rit ! Et la joie de l'éternel, c'est contagieux…

Comment se fait-il alors que nos amis non-croyants, ou non convertis, ou « croyants autrement », semblent s'obstiner à ne pas comprendre que c'est pourtant très simple : si vous devenez chrétien (selon les critères de ma sainte doctrine personnelle, ou de celle de mon église X ou Y), tout va s'arranger, le Seigneur va s'occuper de tout, ça va baigner dans l'huile, et votre vie sera transformée « croix de bois, croix de fer, celui qui ment ira en enfer ! »

Se pourrait-il que nous ne soyons pas si rayonnants et merveilleux que nous le supposons de facto ? Se pourrait-il que nos ternes personnalités (même si nous sommes devenus en théorie les Temples du Saint Esprit personnifiés) aient désormais moins d'impact que le visage de Moïse, qui reflétait la gloire de Dieu jusqu'à aveugler quiconque tentait de le regarder, au point qu'il dû se cacher le visage pour masquer temporairement ce rayonnement devenu insupportable aux autres ?

Tristes temps, que ceux où le miracle se fait maigre, on l'on se retourne la tête dans tous les sens, de congrès en commissions, de forums en consultations, pour trouver là où le bât blesse, pour se battre la coulpe, s'introspecter, envisager de lancer de nouveaux programmes ambitieux (mais pas trop) pour sensibiliser nos contemporains, les éveiller, leur ouvrir les yeux. Ne serait-ce que pour se donner bonne conscience : n'avons-nous pas une « mission à accomplir » ? Aller de par le monde, faire des disciples, et les baptiser au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit ?

Le problème, c'est que ces bougres (les disciples potentiels) résistent ! Comme si on avait que cela à faire… La tâche s'avère donc ardue et de longue haleine, et l'on sent bien à quel point la majorité des organisations chrétiennes en vues s'efforcent de dépoussiérer leurs méthodes et leurs supports de communication, Internet étant devenu le nouveau sésame pour lancer nos filets (net) sur la toile du Web…

Effectivement, aujourd'hui, c'est aussi là que les choses se passent, et pas mal de gens seront beaucoup plus réceptifs à une bonne discussion impromptue sur un forum (ou sur MSN) qu'à une rencontre un peu « forcée » au coin d'une rue, avec par exemple un jeune évangéliste zélé, boosté aux hormones de quelques heures de prière intensive préliminaire ( surtout si c'est un charismatique ! ). La place du village s'est déplacée, elle est de plus en plus sur le Web.

N'en demeure pas moins que les bonnes vieilles recettes demeurent : prendre le temps de faire connaissance, de construire une base de relation amicale et désintéressée, laisser le temps au temps, respecter le parcours de l'autre, apprécier ses richesses, ses talents, ses qualités… Et s'il se passe quelque chose de l'ordre du spirituel dans le cadre de cette histoire d'amitié, et bien ce sera la cerise sur le gâteau. Mais au moins cette cerise ne sera-t-elle pas synthétique, et on peut s'attendre à ce qu'elle ait des points communs avec une certaine graine de sénevé… Vous savez, celle qui est la plus petite de toute, et qui devient au final cet arbre immense à l'abri des branches duquel des centaines d'oiseaux viennent s'abriter.

Redevenons donc des « évangélistes-écolo », soyons plus « naturels », retrouvons des méthodes d'annonces de la parole plus « BIO », plus spontanées, plus authentiques, et laissons donc le purin de la parole de Dieu, ce gigantesque compost qui fermente (dans le sens de « lente maturation ») depuis plusieurs millénaires, nourrir abondamment le cœur des hommes (et des femmes) de bonne volonté qui ont encore faim et soif de justice ! 

Patrick GHEYSEN

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