Déliez-le !

Nous aimons tous ce texte extraordinaire où Jésus, dans un lien d'amitié très fort avec son ami Lazare, décide de le ressusciter, non sans avoir traîné en cours de route pour arriver sur place, comme par hasard et après quelques étranges détours, et donc au final après le décès constaté du cher ami Lazare, lequel commence, le pauvre, à empuantir dans son caveau. Jésus semble avoir pourtant été divisé entre ses sentiments personnels et les pressions de Marthe et Marie, les soeurs de Lazare, le suppliant en effet d'intervenir pour le guérir, et ne comprenant pas que Jésus puisse ainsi reporter son intervention. Car elles ont la foi, et croient que Jésus peut guérir Lazare sans difficultés.

Il est évident que Lazare est à l'article de la mort, que son agonie est une question de jour, mais Jésus demeure étrangement peu empressé : visiblement, il a autre chose en tête… et son calendrier n'est pas celui de Marthe et Marie !

Comme Jésus est de toute façon « super balaise », au moment où il se retrouve face à la tombe de Lazare, d'une part il pleure parce qu'il est triste, d'autre part il fait son boulot, c'est à dire qu'il nous ressuscite ce brave Lazare en 2 temps 3 mouvements. On pourrait en rester-là, et considérer que « la messe est dite », (circulez, il n'y a plus rien à voir) mais il y a une suite très importante au déroulement de ce récit !

En effet, une fois Lazare « relevé » par la parole d'autorité du Christ, il émerge de sa tombe à l'état de momie enturbannée, c'est dire vivant, mais fâcheusement entravé… Et c'est là qu'intervient l'une des parole la plus libératrice et la plus percutante de Jésus : « Déliez-le ! ».

Nous sommes forcément reconnaissant envers tous ceux qui ont tenté d'apporter des grilles de lectures et d'interprétation diverses par rapport à ce verset. Certaines nous ont néanmoins semblées quelque peu morbides et très ambiguës quand à la notion de « Bonne Nouvelle » (l'évangile), dans la mesure où elles détournent le sens de ce verset pour sous-entendre que les personnes délivrées, sauvées, transformées par l'action du saint-Esprit sur la base du sacrifice de Jésus-Christ sur la croix… ne le sont en fait que « partiellement ».

Ce qui en toute logique, n'est plus vraiment une « Bonne Nouvelle », mais juste une « demie bonne nouvelle ». Parce que vous êtes brusquement informés que bien que le Christ ait tout accompli pour vous sur la croix, bien que vous êtes censés être " vraiment libres", il s'avère que le logiciel céleste a en fait légèrement buggé, vous laissant empêtrés dans un sac de nœuds, de « liens spirituels », de « liens ancestraux », et d'autres chaînes et entraves diverses, donc en « liberté conditionnelle ».

Cette interprétation déviante de la parole du Christ « Déliez-le !», a été habilement introduite par le biais de personnalité charismatiques telles que DEREK PRINCE (à ne pas confondre avec STAR TREK, bien qu'il y ait de nombreux points communs entre cette saga de science fiction et les affirmations burlesques et souvent terrifiantes distillées par cet enseignant d'origine anglosaxone), relayées en France par un certain nombre de groupuscules fondamentalistes et d'autres figures marquantes du renouveau charismatique catholique et protestant en France…

En bref, (et selon eux) si vous êtes une nouvelle créature en Christ, votre esprit est vraiment racheté par le Christ, mais votre « chair » et votre « âme » sont néanmoins encore contaminées, vous avez conservé un fil à la patte, et vous êtes libre sans l'être vraiment ! Comme il ne faut traumatiser personne, on utilise un autre terme que « liés par les démons », et on vous explique que vous êtes seulement « démonisé ».

Ouf, tout va bien, si ce n'est que cela, ça devrait s'arranger !!!

Malheureusement, les choses se compliquent, car il existe diverses « écoles » dans ce domaine, et l'un vous dira que vous êtes désormais délivré pour de bon, alors qu'un autre vous soumettra à une « cure d'âme » qui peut durer aisément 6 mois, sans assurance de résultat ! Imaginez l'emprise que certains de ces « merveilleux hommes de Dieu » peuvent avoir sur vous, dans la mesure où ils deviennent les seuls à pouvoir attester de votre délivrance complète (sur quels critères d'ailleurs ?). D'autant plus que l'on peut très bien vous trouver des centaines de démons, souvent dans les parties génitales (tiens donc…), et qu'il y a des petits démons taquins qui prennent un malin plaisir à s'attarder dans ces zones érogènes peu contrôlables, ce qui engendre beaucoup de culpabilité, de frustration, et de dépendance envers le « délivreur » de service ».

Une fois sorti de là, un autre « prophète » de passage vous affirmera que vous avez été mal « diagnostiqué », et qu'il faut tout reprendre à zéro… sous sa haute supervision personnelle et indéfectible !!!

La foire à gogo est donc ouverte !

Pourtant, lorsque l'on se penche sur le texte original, on y découvre une lecture plus fine, et aucune mention de démons d'aucune sorte…

L'intention de Jésus semble essentiellement de mettre en lumière deux étapes : la résurrection de Lazare illustre la conversion, la nouvelle naissance… Et cette parole fantastique « Déliez-le ! » confirme que le Christ souhaite que nos talents, nos aptitudes, notre potentiel, soit pleinement libérés, et qu'aucunes entraves ne nous empêchent désormais de devenir pleinement nous-mêmes.

Nous revoilà donc sur le terrain d'une vraie Bonne Nouvelle, non galvaudée, non amputée, qui nous encourage à être des hommes et des femmes debout, en marche, épanouis, et non pas des handicapés spirituels plus ou moins valides, à la merci des prophètes de mauvaises augures qui prospèrent sans scrupules auprès des âmes sensibles…

De plus, une lecture saine de ce texte nous confirme que Jésus ne se la joue pas « petits bras », que ce n'est pas une demie portion de Sauveur, un Dieu au rabais, mais qu'il nous apporte un salut complet, et que lorsqu'il nous délivre, « la maison est vraiment vide », il ne laisse pas traîner des démons cachés dans les placards de notre âme!

A nous ensuite de cheminer, de progresser, de lutter et de combattre pour que le Royaume de Dieu puisse se matérialiser de plus en plus dans nos vies… Et la plupart du temps, si cela s'avère nécessaire, une bonne thérapie ou un accompagnement de type "relation d'aide" mené par une personne bien formée seront plus efficaces et plus appropriés que d'interminables séances d'exorcisme ou de "délivrance"...

Patrick GHEYSEN

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Jean 11

  1. Il y avait un homme malade, Lazare, de Béthanie, village de Marie et de Marthe, sa sœur.
  2. C'était cette Marie qui oignit de parfum le Seigneur et qui lui essuya les pieds avec ses cheveux, et c'était son frère Lazare qui était malade.
  3. Les sœurs envoyèrent dire à Jésus : Seigneur, voici, celui que tu aimes est malade.
  4. Après avoir entendu cela, Jésus dit : Cette maladie n'est point à la mort ; mais elle est pour la gloire de Dieu, afin que le Fils de Dieu soit glorifié par elle.
  5. Or, Jésus aimait Marthe, et sa sœur, et Lazare.
  6. Lors donc qu'il eut appris que Lazare était malade, il resta deux jours encore dans le lieu où il était,
  7. et il dit ensuite aux disciples : Retournons en Judée.
  8. Les disciples lui dirent : Rabbi, les Juifs tout récemment cherchaient à te lapider, et tu retournes en Judée !
  9. Jésus répondit : N'y a-t-il pas douze heures au jour ? Si quelqu'un marche pendant le jour, il ne bronche point, parce qu'il voit la lumière de ce monde ;
  10. mais, si quelqu'un marche pendant la nuit, il bronche, parce que la lumière n'est pas en lui.
  11. Après ces paroles, il leur dit : Lazare, notre ami, dort ; mais je vais le réveiller.
  12. Les disciples lui dirent : Seigneur, s'il dort, il sera guéri.
  13. Jésus avait parlé de sa mort, mais ils crurent qu'il parlait de l'assoupissement du sommeil.
  14. Alors Jésus leur dit ouvertement : Lazare est mort.
  15. Et, à cause de vous, afin que vous croyiez, je me réjouis de ce que je n'étais pas là. Mais allons vers lui.
  16. Sur quoi Thomas, appelé Didyme, dit aux autres disciples : Allons aussi, afin de mourir avec lui.
  17. Jésus, étant arrivé, trouva que Lazare était déjà depuis quatre jours dans le sépulcre.
  18. Et, comme Béthanie était près de Jérusalem, à quinze stades environ,
  19. beaucoup de Juifs étaient venus vers Marthe et Marie, pour les consoler de la mort de leur frère.
  20. Lorsque Marthe apprit que Jésus arrivait, elle alla au-devant de lui, tandis que Marie se tenait assise à la maison.
  21. Marthe dit à Jésus : Seigneur, si tu eusses été ici, mon frère ne serait pas mort.
  22. Mais, maintenant même, je sais que tout ce que tu demanderas à Dieu, Dieu te l'accordera.
  23. Jésus lui dit : Ton frère ressuscitera.
  24. Je sais, lui répondit Marthe, qu'il ressuscitera à la résurrection, au dernier jour.
  25. Jésus lui dit : Je suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi vivra, quand même il serait mort ;
  26. et quiconque vit et croit en moi ne mourra jamais. Crois-tu cela ?
  27. Elle lui dit : Oui, Seigneur, je crois que tu es le Christ, le Fils de Dieu, qui devait venir dans le monde.
  28. Ayant ainsi parlé, elle s'en alla. Puis elle appela secrètement Marie, sa sœur, et lui dit : Le maître est ici, et il te demande.
  29. Dès que Marie eut entendu, elle se leva promptement, et alla vers lui.
  30. Car Jésus n'était pas encore entré dans le village, mais il était dans le lieu où Marthe l'avait rencontré.
  31. Les Juifs qui étaient avec Marie dans la maison et qui la consolaient, l'ayant vue se lever promptement et sortir, la suivirent, disant : Elle va au sépulcre, pour y pleurer.
  32. Lorsque Marie fut arrivée là où était Jésus, et qu'elle le vit, elle tomba à ses pieds, et lui dit : Seigneur, si tu eusses été ici, mon frère ne serait pas mort.
  33. Jésus, la voyant pleurer, elle et les Juifs qui étaient venus avec elle, frémit en son esprit, et fut tout ému.
  34. Et il dit : Où l'avez-vous mis ? Seigneur, lui répondirent-ils, viens et vois.
  35. Jésus pleura.
  36. Sur quoi les Juifs dirent : Voyez comme il l'aimait.
  37. Et quelques-uns d'entre eux dirent : Lui qui a ouvert les yeux de l'aveugle, ne pouvait-il pas faire aussi que cet homme ne mourût point ?
  38. Jésus frémissant de nouveau en lui-même, se rendit au sépulcre. C'était une grotte, et une pierre était placée devant.
  39. Jésus dit : Otez la pierre. Marthe, la sœur du mort, lui dit : Seigneur, il sent déjà, car il y a quatre jours qu'il est là.
  40. Jésus lui dit : Ne t'ai-je pas dit que, si tu crois, tu verras la gloire de Dieu ?
  41. Ils ôtèrent donc la pierre. Et Jésus leva les yeux en haut, et dit : Père, je te rends grâces de ce que tu m'as exaucé.
  42. Pour moi, je savais que tu m'exauces toujours ; mais j'ai parlé à cause de la foule qui m'entoure, afin qu'ils croient que c'est toi qui m'as envoyé.
  43. Ayant dit cela, il cria d'une voix forte : Lazare, sors !
  44. Et le mort sortit, les pieds et les mains liés de bandes, et le visage enveloppé d'un linge. Jésus leur dit : Déliez-le, et laissez-le aller.

 


Date : 24-01-2008
Titre de l'article : La résurrection de Lazare
Nom ou Pseudo : Alainbout
Pays : France
Email : alain.boutheon@numericable.fr
Réaction : J'ai lu rapidement mais bien aimé la dernière partie : la vraie liberté.
Devenir soi-même, pleinement soi-même, tel que le Créateur nous a voulu, travail sur soi-même à l'aide de la méditation, de la relecture de son propre vécu et aussi de la parole entendue des autres sur soi-même . L'accompagnement spirituel, la relecture et la reconnaissance des désirs et  besoins propres de chacun ! ! ! Tout un programme ! Bravo j'ai bien aimé.

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Date : 24-01-2008
Titre de l'article : La résurrection de Lazare
Nom ou Pseudo : la missionnaire
Pays : Canada
Email :
Réaction :
OH! Merci mon Dieu, enfin quelqu'un qui comprend que la vérité nous rend libre.
La vérité sur nous-mêmes à la suite de méditations sur nos vécus. Alors loin de nous cette culpabilité qui nous tien captif, qui nous entoure de liens obsessionnels.
Lisez le livre de Denis Morissette de Longueuil Québec, Canada, il nous annonce la bonne nouvelle, la nouvelle de Jésus-Christ, comme nous ne l'avons pas souvent entendue.
Bien heureux, si tu pleures toute ta peine lors d'un deuil, bien heureux si tu reconnais pourquoi tu as telle réaction face à cette personne, bien heureux si après avoir analysé tous les aspects de ce malheur tu passes à l'action pour vivre plus loin que ce malheur...
Pas de déni, pas de mensonge à soi-même, pas de fausse piété, voilà la liberté que Jésus nous a donnée. Enfin, remplissez le NET avec de vrais messages qui n'abusent pas.

Merci beaucoup pour ce message.
La missionnaire bénie de Dieu

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Date : 24-01-2008
Titre de l'article : La résurrection de Lazare
Nom ou Pseudo : Mr BRUNO DAL
Pays :
Email :
dal.bruno@free.fr
Réaction : Bien le bonjour,
Des hasards de recherches sur le web m'ont fait passer sur votre site.
Au cours de mes chemins parfois spirituels, parfois déserts, mais souvent
carrefours de rencontres avec des personnes étonnantes et de croyances
différentes, il a des cadeaux du ciel qui ne s'encombrent pas de rituels
dont le sens est parfois perdu. Votre site surprend et a un vrai mérite
d'exister!
Il est des rencontres, comme celle de Jean Vannier, qui transcendent les
frontières religieuses.

Bon vent à tous.









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