 Catholiques réformateurs
Une des difficultés de notre courant d’Eglise
est qu’il n’a pas de nom. Ou du moins qu’il
ne sait pas dire qui il est sans de longues circonvolutions
compliquées de plusieurs paragraphes, parfois même
de plusieurs pages.
Conséquence : un repérage
difficile par les gens comme par les médias, dans
les Eglises comme hors des Eglises.
Quand nous nous présentons aujourd’hui pour
dire qui nous sommes, nous affirmons bien notre identité chrétienne,
nous expliquons notre attachement à la modernité, à la
démocratie, à l’engagement dans la société,
mais il nous faut généralement au moins une
demi page pour y arriver, et nous avons toujours peur d’oublier
quelque chose, et alors nous rajoutons toute une série
de rubriques complémentaires...
Mais malgré la longueur de nos présentations,
très souvent nous évitons, curieusement, de
parler explicitement de notre origine catholique et de notre
attente d’une réforme. Alors que nos associations
sont nées d’une crise de l’Eglise catholique,
nous parlons très souvent de l’Eglise sans préciser
laquelle. Alors que chacune de nos associations à sa
manière (réflexion, rencontres et débats,
pratiques communautaires de base), travaille à une
réforme, ce mot de " réforme " semble
continuer à faire problème pour beaucoup d’entre
nous.
Foi chrétienne plutôt que foi catholique
ou foi protestante.
Beaucoup d’entre nous assument mal leur héritage
et leur appartenance catholique. C’est parfaitement
compréhensible, tant le malaise est profond par rapport
au discours et à la pratique dominant dans notre Eglise.
Aussi préférons nous mettre en avant notre
christianisme. Et nous n’avons pas tort car notre foi
ne va pas à une Eglise particulière, mais à Jésus,
le Christ.
A l’inverse, nos amis protestants, beaucoup moins
complexés que nous vis à vis de leurs propres
Eglises, revendiquent souvent d’abord un protestantisme
dont ils sont fiers, avant même leur christianisme.
Nous pouvons comprendre ce souci de ne pas être confondus
avec une Eglise hégémonique à laquelle
ils ne veulent pas être assimilés. Mais parfois
nous sommes agacés quand cette affirmation protestante
est tellement forte qu’elle occulte presque le plus
important : cette foi en Jésus, le Christ.
Nous n’avons donc pas tort de dire d’abord
notre foi chrétienne, avant notre appartenance à une
Eglise particulière.
Mais nous ne sommes pas chrétiens de nulle
part. Que faire de notre héritage catholique ?
La plupart d’entre nous ont reçu la foi par
la médiation de l’Eglise catholique. Nous connaissons
par cœur ses manques et ses contradictions, et les
dénonçons avec raison. Pourtant, comment ignorer
sa diversité de courants spirituels, de mouvements,
d’ordres religieux, de charismes (en particulier cette " universalité "),
d’initiatives, qui en font la richesse. Et puis tout
simplement d’abord la foi des femmes et des hommes
qui la composent.
Depuis Vatican II, nous disons que l’Eglise est d’abord " peuple
de Dieu " avant d’être " hiérarchie ".
Pourquoi alors ne regarder, presque avec obsession, que la
seule hiérarchie romaine, et pas le peuple dans sa
diversité, et sa richesse d’Eglises locales?
Récemment, quelle Eglise a été capable
de réunir un concile comme Vatican II ? Quelle
Eglise pourra être à l’initiative d’un
prochain concile universel ? Dans quelle Eglise est
née cette pratique du témoignage chrétien
dans le monde et cette théologie qui part d’abord
de la vie (action catholique, prêtres ouvriers,
...) ? Dans quelle Eglise est née la théologie
de la libération ? D’où sont venus
les théologiens auxquels nous nous référons
souvent : Hans Kung, Léonado Boff, Eugen Drewermann,
et bien d’autres ?
Nous faisons facilement un complexe vis à vis du
protestantisme, plus respectueux de la liberté de
conscience, de la démocratie, mieux inculturé dans
la modernité, moins dogmatique, moins étouffé par
notre pesante hiérarchie cléricale. Vu depuis
le côté catholique, le protestantisme, en particulier
le protestantisme réformé français,
avec son côté minoritaire, son passé de
persécution qui force le respect, attire notre sympathie.
Et certains d’entre nous sont prêts à changer
de confession en cas de blocage complet dans l’Eglise
catholique. Pourquoi pas ?
Mais nous oublions vite qu’à l’échelle
du monde, les Eglises protestantes historiques réformées
et luthériennes sont minoritaires, et que les courants
qui ont le vent en poupe dans l’univers protestant
mondial, en particulier dans les pays du tiers monde, sont
surtout les courants évangéliques et pentecôtistes,
avec leurs aspects fondamentalistes dont nous sommes très éloignés.
Ou que dans d’autres pays de culture protestante (Europe
du Nord luthérienne), existe un protestantisme institué dont
la lourdeur ressemble assez aux pesanteurs catholiques.
Cessons donc de rêver à l’Eglise idéale.
Notre héritage catholique n’est ni meilleur
ni pire que celui des autres. Et que nous le voulions ou
non, c’est notre histoire, et nous en sommes le résultat.
Sans que cela n’enlève rien à notre attachement à l’œcuménisme,
au dialogue inter religieux, à l’échange
avec les courants laïques, et à notre certitude
que l’Esprit souffle où il veut et abondamment
en dehors des Eglises.
L’héritage protestant
Dernière objection : les mots " réforme " et " réformateur " feraient
partie du vocabulaire protestant et leur emploi par des catholiques
serait mal venu.
Mais pourquoi, au contraire, ne pas assumer explicitement
cet autre héritage ? Nous avons de bonnes relations
avec les protestants. Nous nous comprenons souvent mieux
avec les réformés qu’avec un certain
nombre de catholiques. Nous admirons la foi et le courage
de Martin Luther et des grands réformateurs, et nous
souhaitons leur réhabilitation par l’Eglise
catholique. L’héritage de la Réforme
(les historiens parlent plus volontiers " des Réformes " au
pluriel) n’est pas le monopole des Eglises protestantes.
La requête " Nous
sommes aussi l’Eglise " ne
fait finalement que demander, dans la plupart de ses
points, des réformes acquises depuis plus ou moins
longtemps dans le protestantisme :
- L’abolition de la coupure entre clercs et laïcs :
typiquement le thème du " sacerdoce universel
des croyants " cher aux protestants qui ne reconnaissent
(du moins en théorie...) pas de statut particulier
aux pasteurs, mais seulement une différence
de fonction.
- La participation des Eglise locales au choix de
leurs responsables : typiquement la pratique presbytérienne
- synodale du protestantisme réformé.
- L’accès des femmes à tous les ministères :
un acquis récent du protestantisme et de l’anglicanisme.
- Le libre choix du mariage ou du célibat pour
les prêtres : un autre acquis du protestantisme
remontant au XVIème siècle.
- La liberté de conscience en matière de
comportements personnels (contraception, avortement, mariage,…) :
typiquement une attitude protestante.
Vatican II lui même avait déjà réduit
la distance entre catholicisme et protestantisme (lecture
de la Bible, liturgie en langue vulgaire, collégialité,
...), au point que certains protestants comme les frères
de Taizé ont cru les questions réglées
et sont pratiquement devenus catholiques.
La " réforme " ne s’oppose
pas à l’Evangile et à la Fraternité.
Quand nous parlons de " réforme " de
l’Eglise catholique, quand nous reprenons à notre
compte le thème d’une " Eglise toujours à réformer ", nous
cessons par là même de faire de l’Eglise
une institution sacrée et infaillible, qui
constitue pour beaucoup de nos contemporains un obstacle à l’Evangile.
Nous relativisons l’importance de l’Eglise par
rapport à l’Evangile et à la Fraternité qui
sont les enjeux premiers.
C’est en cela que le nom de " catholiques
réformateurs " pourrait être choisi
et assumé par notre courant d’Eglise et par
la plupart des associations membres de notre réseau.
Il est déjà utilisé dans certains de
nos groupes. Les sociologues religieux nous identifient aussi
avec ces mots. Nos amis protestants nous décrivent
assez facilement avec ce vocabulaire. N’est-il pas
temps d’assumer nous mêmes ce nom, plus positif
que " catholiques critiques ", et moins
prétentieux et pharisien que " catholiques
progressistes ".
Nous avons besoin d’un nom simple et court qui résume
bien notre projet et contribue à notre visibilité et à notre
reconnaissance.
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Date : 20-04-2006
Titre de l'article : Catholiques réformateurs
Page de l'article : eglise_7.php
Nom ou Pseudo : Roger
Email : rogerbleu@free.fr
Réaction : Je suis stupéfait par l'article sur les catholiques réformés...
je ne savais pas qu'une telle "définition" existait ! en tous les cas, ils
ont une position vraiment novatrice et originale, et surtout très sincère !
cela suscite l'admiration.....
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Date : 20-04-2006
Titre de l'article : Catholiques réformateurs
Nom ou Pseudo : Martin
Réaction : Oui, intéressant. Le monde catholique est décidément aussi divers
que le monde protestant.
Les "réformateurs" du XVIème siècle n'étaient-ils-pas aussi des catholiques
qui voulaient réformer l'Eglise de leur temps?
Ces catholiques "réformateurs" ont un autre site Internet qui fédère les
diverses associations, mouvements, et communautés membres de ce courant: http://reseaux.parvis.free.fr
A la page "Plan du site", on découvre une proximité avec le protestantisme
réformé au travers de certains sujets et auteurs (en particulier Gérard
Delteil, ancien doyen de la faculté de théolgie protstante de Montpellier
qui a écrit plusieurs articles dans leur revue Parvis).
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Date : 20-04-2006
Titre de l'article : Catholiques réformateurs
Nom ou Pseudo : Sylvain
Réaction : Dans un contexte de dialogue ou chaque chrétien, catholique ou
protestant, qui par sa vie réflète la gloire du Christ et qui indique à
l'autre une invation à s'approcher du Dieu vivant cela ne fera sortir que du
bien.
Toutefois, il est bon de ne pas retenir l'influence du monde dans l'Eglise.
Lorsque je vois dans mon église ''protestante'' des choses qui ne va pas
avec ce que je crois être dans la vérité du Christ...je le rejète
simplement; et essaie par le dialogue de dialoger avec respect avec la
personne que Dieu a placé pour prendre soin du troupeau de Dieu; et si j'ai
mal compris la position de LEglise alors je comprendrai mieux et l'exercice
aura approfondie ma foi.
C'est vrai que dans notre mouvement ''Pentecôtiste'' on voit chaque personne
ayant accepté Dieu en son coeur pour qu'il soit Seigneur et Sauveur de Sa
vie, comme membre à part entière de l'Eglise, ayant son rôle à jouer..Et ce
rôle est aussi important que celui de pasteur. Et que chaque membre sont
reliés les uns aux autres. La tête n'est pas un homme mais le Christ. Ainsi
chaque croyant a son rôle à jouer.
Dans cette artcile ont dit que certains pensées protestantes ont une liberté
de conscience...C'Est vrai dans le sens que chaque personne vit avec ses
convictions personnels sur certain sujets..Pour la sexualité par exemple, on
croit que le sexe fut donné à l'homme pour l'intimité pour le couple
marié...Le fruit de cette amour sera des enfants. Nous croyons que la
pilule, et les moyens contraceptifs sont acceptables mais dans la mesure ou
la vie en cours ne sera pas détruit. Par exemple, le stérilet est bani.
L"Eglise est CONTRE L'AVORTEMENT importe la situation. Je dis cela ici car
je ne désire pas que mes amis catholiques copient ce qui est bien et non ce
qui est mal.
Que Dieu vous bénisse
Sylvain
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Date : 30-08-2006
Titre de l'article : Catholiques réformateurs
Nom ou Pseudo : canonge
Pays : France
Email : canonge.paul@wanadoo.fr
Réaction : J'ai été trés intéressé par votre rapprochement entre la "Requête" de "Nous sommes aussi l'eglise" et les réalités du vécu
protestant.
Le Mouvement, parti d'Autriche et d'allemagne, a beaucoup de difficultés à
se développer en France.
Il a cependant ajouté aux articles de la Requête que vous avez signalés une
volonté de participer à la transformation de notre société. Il réagit selon
les événements aux différentes interventions d'hommes politique ou d'évêques
lorsque leur position apparait en contradiction avec l'héritage de jésus de
Nazareth.
Puis-je vous inviter à retrouver NSAE-France et la vingtaine d'Associations
ou groupes qui lui sont rattachés à travers les différentes régions sur le
Site http://nsae-france.tk
Bonne route à tous.
Paul
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