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 Matthias
Helmlinger
Je suis
né à Freyming-Merlebach (57, France). Je suis
marié avec Sophie, psychothérapeute actuellement.
Nos trois enfants s'appellent Simon (10 ans), Bartimée
et Clément (7 ans). Nous habitons à Chalon sur
Saône, au presbytère protestant, puisque je suis
pasteur de l'église réformée de France.
J'ai acquis un diplôme équivalent à celui
de Technicien agricole à l'Institut des Sciences Sociales
Appliquées de la Faculté catholique de Lyon,
un D.E.S.S. et un D.E.A. à la Faculté de théologie
protestante de l'Université des Sciences Humaines de
Strasbourg. |
Matthias, tu es passionné par la question des racines
juives de la foi chrétienne... D'où te vient
cette passion, et pourquoi penses-tu que ce thème soit
important aujourd'hui ?
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 Cette
passion me vient d'une rencontre avec YeSHou*a le Messie (celui
que les chrétiens français appellent Jésus-Christ).
Cet homme est mort par amour pour YiSRa'ëL. Il aimait
tellement ce peuple, ce pays, qu'Il n'a pas mis les pieds
en Asie mineure ou en Grèce, ce qui lui aurait été
facile, vu le réseau routier construit par les Romains.
Sa mort et sa résurrection étendent cet amour
à tous les êtres humains de toutes les nations.
Tous les Non-Juifs (GoYiM) bénis par le ministère
de Jésus étaient très respectueux du
peuple juif. Les premiers GoYiM à recevoir l'Esprit
du Sanctuaire, disponible par l'élévation de
Jésus vers son Père, sont tous des êtres
humains respectant YiSRa'ëL (cf le livre des Actes des
apôtres dans la Bible).
On ne peut rencontrer Jésus sans rencontrer les Juifs,
peuple qui l'a mis au monde, peuple dont Il fut solidaire,
peuple dont il est l'incarnation: "Jésus de Nazareth,
Roi des Juifs" est l'inscription placée sur sa
croix par Pilate.
Voilà les raisons spirituelles qui expliquent ma passion
pour les racines juives de la foi chrétienne. D'autres
explications secondaires peuvent être données
: mes études à Jérusalem, mes connaissances
en hébreu.
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On ne peut douter de l'évidence de la répercussion
des racines de la religion juive dans le christianisme contemporain.
Qu'en est-il des sectes et de tous ceux qui se prétendent
être "Le peuple élu"?
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 Il
est très difficile de définir une secte. Sociologiquement,
on peut définir comme secte tout groupement religieux
dont on n'est pas libre de sortir. Mais cette définition
n'est pas suffisante. J'ai trouvé une définition
de la secte, qui part d'un constat : les sectes, ce
sont tous les groupes religieux qui se prennent pour
Israël, pour
le peuple élu, à l'exclusion des Juifs, peuple
élu d'après la Bible. Sont donc sectes: l'église
catholique, jusqu'à récemment, quand elle
se qualifiait de "nouveau peuple élu, nouvel
Israël"
en lieu et place des Juifs, l'église protestante en
partie aujourd'hui encore, quand elle se dit le "nouveau
peuple de Dieu, le nouvel Israël", les témoins
de Jéhovah pour qui les Juifs n'ont plus aucune
place dans le plan de salut de YHWH (le Nom du Dieu d'YiSRaëL
que les témoins prononcent à tort Jéhovah),
les Mormons qui s'estiment être le véritable
Israël, descendants des tribus juives ayant soi-disant
émigré en Amérique, les adeptes de Moon,
qui prétendent que les Coréens sont le peuple
élu de Dieu...etc...
Seules les églises qui reconnaissent Israël comme
étant toujours le peuple élu de YHWH sont véritablement
des églises, et non des sectes. Il y a de fortes chances
que leur théologie et leurs pratiques religieuses se
développent de façon équilibrée
si cette reconnaissance existe.
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Comment
donc définir et cerner à l'heure actuelle, la
notion de "Peuple de Dieu" ou de "Peuple élu"
? N'y a t'il pas un risque de "concurrence" entre
la religion juive et le christianisme ? Peut-on regarder ces
entités comme un seul peuple, également choisi
et élu aux yeux de Dieu ? |
 Je
ne répondrai pas concernant "religion juive",
"christianisme".
Les "ismes" sont des puits sans fond pour l'esprit
humain. Ils peuvent disparaître que cela ne me fera
ni chaud, ni froid. Il n'y a que des êtres humains,
des êtres humains juifs, des êtres humains chrétiens.
Les premiers disent appartenir à Israël, les seconds
à l'Eglise. Si on lit la Bible, on voit que les premiers
appartiennent aussi à l'Eglise (dans la Septante -
traduction grecque de la Thorah -, l'assemblée d'Israël
au Sinaï est désignée par ce mot) et que
les seconds appartiennent aussi à Israël (selon,
notamment la théologie de Paul dans l'épître
Romains).
Il n'y a qu'un seul peuple élu, composé des
Juifs et des chrétiens, mais les péchés
de ces êtres humains, surtout des seconds, ont fait
qu'existent aujourd'hui deux entités séparées,
Israël et l'Eglise.
L'élection (selon Genèse 12) a en vue la bénédiction
de tous les êtres humains; si elle est privilège,
elle est bien plus responsabilité, service, engagement
pour les autres. Les Juifs et beaucoup de chrétiens
que nous découvrirons dans le Royaume de Dieu ont montré
tout ce que ce service comporte comme souffrance, non-pouvoir
humain, pour que YHWH puisse y manifester Sa Puissance tellement
différente: celle de l'amour, celle de l'Esprit.
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Selon l'exégèse juive, "il faut prendre
au sérieux la lettre, sans prendre tout à la
lettre"... Peux-tu développer cette approche,
et nous dire en quoi cela peut nous aider en tant que chrétiens,
dans notre approche du texte biblique ? |
Entre
fondamentalisme et libéralisme, le chrétien
que je suis aurait perdu tout repère, s'il n'y avait
pas eu l'exégèse juive, où une synthèse
des deux est possible. Pour les Juifs, pour Jésus,
aucune lettre de la THoRaH (Genèse, Exode, Lévitique,
Nombres, Deutéronome) ne sera abolie, tant que le ciel
et la terre dureront. C'est le fondamentalisme. Mais les rabins
donnent des interprétations extrêmement variées
de cette Thorah, prenant presque plaisir à en souligner
les contradictions. C'est le libéralisme, la liberté
étant gravée sur les tables de la Loi. La synthèse
de la Thorah n'est pas dans les capacités humaines.
Elle est une parole vivante. Selon l'heureuse formule d'Emmanuel
Lévinas: "son pouvoir dire est plus grand que
son vouloir dire". A chaque génération
qui passe, la Thorah reçoit de nouveaux sens, que le
rédacteur n'avait peut-être pas imaginés.
Et je vérifie dans la courte existence qui m'a été
impartie sur cette terre, que la Bible ne cesse de s'ouvrir,
de me dévoiler des richesses insoupçonnées,
ou plutôt toujours les mêmes richesses mais sous
d'autres éclairages, à d'autres profondeurs.
La lettre hébraïque contient des sens infinis,
la grammaire hébraïque m'a par exemple aidé
à entrer dans ces affirmations si contradictoires de
l'apôtre Paul ou de Jésus: "le royaume de
Dieu est déjà venu vers vous - le royaume de
Dieu est encore à venir", ou bien: "vous
êtes déjà ressuscités avec le Christ
- nous attendons la résurrection des morts, quand la
trompette sonnera et que le Seigneur viendra dans sa gloire".
Dans la langue hébraïque, un verbe n'est pas conjugué
au passé, au présent, ou au futur. Il est conjugué
selon l'aspect accompli ou inaccompli de l'action. Quelque
chose d'inaccompli peut très bien déjà
avoir commencé à s'accomplir dans le passé.
Quelque chose d'accompli peut très bien être
une réalité du futur, vue comme une certitude
sur laquelle aucun doute n'est possible. C'est ainsi qu'un
rabin français a pu dire à propos de la libération
des Hébreux de l'esclavage en Egypte (PèSaH):
"la libération de l'esclavage a eu lieu demain".
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Date : 06/06/2007
Titre de l'article : Matthias Helmlinger
Nom ou Pseudo : Jean Ansaldi
Pays :
Réaction :
Je dois avouer que je m'interroge : avons-nous la même version du Nouveau Testament ?
Le mien situe bien l'Évangile dans la continuité de l'Ancien, mais avec de fortes ruptures ? Ainsi l'évangile de Jean n'arrête pas d'opposer Moïse à Jésus (1,17; 6,32-33, etc). Dans les évangiles synoptiques, Jésus viole sans cesse le centre de la pratique israélite, le sabbat. Qu'on ne me dise pas que l'urgence de la maladie prime sur la loi ! En effet, si c'est quelquefois le cas, la plupart des malades (paralysés, aveugles)
pouvaient attendre un jour de plus. Il y a manifestement un message central de Jésus sur la prise à contre-pied de l'attente des hommes de l'Ancien Testament. Parmi les auteurs du Nouveau Testament, Paul n'était-il pas le plus avancé dans le judaïsme ? Certes. Mais sa rencontre avec Jésus l'a conduit à prendre à contre-pied tout ce qui l'avait fait vivre jusque-là (Philippiens 3/4-11). Pour lui, Juifs et païens ont péché et sont enfermés dans la même mort et tous doivent être sauvés par la foi en Jésus-Christ » […] » (Romains 3/9). Les héritiers d'Abraham sont ceux qui vivent dans la foi en Christ, qu'ils soient juifs ou païens d'origine car, par l'observance de la loi de Moïse, nul ne peut recevoir l'adoption filiale que Dieu donne en Jésus-Christ. Autrement dit, devant le Christ, « il n'y a plus ni juifs ni grecs » (Galates 3/27), la parenthèse de la loi mosaïque est maintenant fermée depuis la croix. Le peuple de la promesse (Israël) a achevé sa mission après la venue du Christ; tous les hommes, quelle que soit leur origine, sont situés devant la croix et appelés au même choix de la foi.
Le christianisme est-il une secte de se prétendre le nouveau peuple de Dieu ?
Là aussi, le langage de Matthias Helminger m'étonne : Paul fait lui-même cette distinction lorsqu'il dit que l'alliance qui vient du mont Sinaï engendre pour la servitude et la Jérusalem construite par cette alliance doit
céder le pas à la « Jérusalem d'en-haut », celle qui est notre mère (l'Église). Appartenir à la Jérusalem qui reste loin du Christ ne donne plus aucun statut : juifs et grecs sont invités à entrer dans la nouvelle Jérusalem.
Le chapitre 3 de la seconde épître aux Corinthiens (qu'il faudrait lire ici en entier) est construit sur l'opposition entre l'ancienne et la nouvelle alliance; mais déjà la vieille tradition sur la Cène que Paul utilise en 1 Corinthiens 11/25. L'épître aux Hébreux parle du Christ comme médiateur d'une alliance nouvelle, d'un nouveau testament (9/15). On pourrait continuer. On ne peut parler de Jésus de Nazareth comme le fait Matthias Helminger dans son point 2 : n'est-ce pas lui qui annonçait dans ses paraboles que les ouvriers de la vigne seraient renvoyés et que leur mission serait confiée à d'autres ?
Est-ce à dire qu'Israël n'a plus aucune place dans le plan de Dieu ?
Paul ne donne plus de place spécifique à Israël car sa mission s'est achevée dans le Christ; peuple gardien et témoin des promesses, sa vocation a été pleinement réalisé dans le Christ. Il donne par contre aux juifs, pris individuellement, une place d'aîné (Romains 1/16): c'est à lui premièrement qu'est destiné la prédication, au grec ensuite; Israël est en effet la racine qui a porté la volonté salvatrice de Dieu. L'attente de Paul est donc la conversion des juifs à l'Évangile pour entrer dans le peuple de la nouvelle alliance où ils ont leur place comme tous les hommes (Romains 10 et 11).
Ne craignez-vous pas les conséquences racistes de ces propos ?
Au contraire. C'est dans la mesure où les israélites n'ont plus de statut particulier devant l'Évangile, car tous les hommes sont également appelés à devenir des élus, que cette odieuse lèpre de l'humanité qu'est
l'antisémitisme sera sciée à la base.
Il reste que Jésus était un juif ! Certes et il nous faut le revendiquer très haut, lui qui a assumé la mission
de son peuple et qui a ouvert sur « une nouvelle alliance en son sang ». Mais il faut très vite ajouter que le Christ ressuscité n'appartient plus à aucun peuple. C'est encore Paul qui écrit : « […] si nous avons connu le Christ selon la chair, maintenant nous ne le connaissons plus de cette manière » […] (2 Corinthiens 5/16). Après tout, seul celui qui entre dans la voie du Christ
est son frère, sa sœur, sa mère (Matthieu 12/46-50).
Jean Ansaldi
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Date : 06/06/2007
Titre de l'article : Matthias Helmlinger
Nom ou Pseudo : Matthias Helmlinger
Pays :
Réaction :Je réponds à la première question, polémique que pose Mr Ansaldi (avons-nous la même version du Nouveau Testament?): je lis la version grecque du Nouveau Testament d'Eberhard Nestle, utilisée dans les facultés de théologie. Par ailleurs, je lis le Nouveau Testament version Segond depuis l'âge de 10 ans.
Contrairement à ce qu'affirme Jean Ansaldi, l'évangile de Jean n'est pas un évangile qui "n'arrête pas d'opposer Moïse à Jésus". Les textes auxquels J.Ansaldi renvoient, doivent être lus à la lumière de cet autre texte (auquel il ne renvoie pas): (Jésus dit:) "si vous aviez cru en Moïse, vous croiriez en moi" (Jean 5/46) Il n'y a donc pas opposition, mais continuité, très clairement.
Contrairement à ce qu'affirme J.Ansaldi, dans les synoptiques Jésus ne "viole" pas "sans cesse le centre de la pratique israélite, le sabbat". Si cela était le cas, pourquoi aurait-il dit: "le sabbat a été fait pour l'homme et non l'homme pour le sabbat" (Marc 2/27) et pourquoi verrait-on ses disciples après sa mort et sa résurrection continuer à respecter le sabbat? Interpréter différemment le sabbat, ne signifie pas remettre en cause une loi, une institution.
Contrairement à ce qu'affirme J.Ansaldi, "la parenthèse de la loi mosaïque" n'est pas "fermée depuis la croix", ni pour Jésus, qui a dit: "je ne suis pas venu abroger, mais accomplir" (Matthieu 5/17) "celui qui transgressera un seul de ces plus petits commandements et enseignera aux hommes à faire de même, sera déclaré le plus petit dans le Royaume des cieux" (Mat.5/19), ni pour Paul, qui a écrit: "nous confirmons la loi" (Romains 3/31).
Faut-il rappeler que le mot "évangile" vient de l'Ancien Testament, que la foi a été vécue par les Juifs qui nous ont transmis la loi de Moïse?
Faut-il rappeler que l'expression "nouvelle alliance" utilisée par Jésus la veille de sa mort provient elle aussi de l'Ancien Testament (Jérémie 31/31), où elle signifie clairement "renouvellement de l'ancienne alliance, en mieux". D'autre part, J.Ansaldi passe sous silence l'alliance avec Abraham, l'alliance avec David, toutes deux éternelles et inconditionnelles, pour lesquelles il n'y avait pas nécessité de renouvellement, puisqu'elles ne peuvent être brisées comme celle du Sinaï, qui était conditionnée par l'obéissance aux commandements. Jérémie, seul prophète à parler d'alliance nouvelle par rapport à celle du Sinaï, mentionne un peu plus loin l'alliance éternelle avec David, qu'il est impossible de rompre (Jér. 33/20-21).
J.Ansaldi, en parlant de "nouveau peuple de Dieu" continue à employer une expression non-biblique, introuvable dans les Ecritures, parce que contraire à leur message, une expression qui a marqué l'histoire et la spiritualité de l'Europe pendant vingt siècles pour aboutir à la shoah.
En effet, pour ceux qui entrent dans les catégories de pensée véhiculées par cette expression non-biblique, les Juifs, leur survie millénaire à toutes les exterminations, que ce soit physique ou spirituelle resteront éternellement un "problème", une "question", comme ils disent si bien. Et on continuera ad vitam aeternam à chercher des "solutions" au "problème juif".
J.Ansaldi écrit: "l'attente de Paul est donc la conversion des Juifs à l'évangile pour entrer dans le peuple de la nouvelle alliance" "Paul ne donne plus de place spécifique à Israël". Conversion oui, "entrer dans le peuple de la nouvelle alliance" non. Car pour Paul, il n'y a pas d'autre peuple qu'Israël, où les Non-Juifs peuvent entrer par la foi au Messie des Juifs, YeSHou*a. Les Juifs n'ayant pas cru en Jésus comme Messie gardent leur place au sein d'Israël (Romains 11/1). Jésus dit explicitement: "le salut est (verbe au présent permanent) des Juifs" (Jean 4/22). Il ne dit pas "est provenu" des Juifs, comme le pense J.Ansaldi. Leur rôle ne s'est pas arrêté avec la venue de Jésus. L'église catholique, par la voix de ses théologiens et des ses conciles l'a réaffirmé à la suite de Jésus, de Paul et des apôtres, en passant outre à l'anti-judaïsme des pères de l'Eglise: "néanmoins, selon l'Apôtre, les Juifs (qui n'acceptèrent pas l'Evangile) restent encore, à cause de leurs pères, très chers à Dieu, dont les dons et l'appel sont sans repentance (cf. Romains 11/28-29) (Déclaration Nostra Aetate du concile Vatican II) "Dieu fait reposer sur le peuple juif un appel que Saint Paul qualifie d'irrévocable" (Orientations pastorales du comité épiscopal français pour les relations avec le judaïsme, 16 avril 1973) "la permanence d'Israël est un fait historique et un signe à interpréter dans le plan de Dieu...il reste le peuple choisi..." (Jean-Paul II, 6 mars 1982). Par ses affirmations, J.Ansaldi se coupe donc de ce que dit l'église catholique dans son ensemble; elles ne sont ni plus ni moins que la continuation d'une théologie séculaire, la théologie de la substitution, c'est-à-dire du rejet d'Israël comme peuple de Dieu, l'Eglise ayant pris la place.
Cette théologie-là est un des vecteurs de force qui a permis aux nazis de mettre en oeuvre la "solution finale", en profitant pour le moins, de l'indifférence des chrétiens, anesthésiés par la théologie de la substitution. Si les protestants du Chambon sur Lignon avait connu la théologie de la substitution, ils n'auraient pas été si nombreux à cacher des Juifs; plusieurs d'entre eux, des paysans qui lisaient la Bible, ont expliqué pourquoi ils les ont cachés au péril de leur vie: c'était un honneur pour eux d'accueillir chez eux des membres du "peuple élu".
Matthias Helmlinger
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Date : 06/06/2007
Titre de l'article : Matthias Helmlinger
Nom ou Pseudo : Le coordinateur du site
Pays :
Réaction : "Dans le cadre d'un site tel que Paraboles.net , il y a bien sûr des moments de débats, ceux-ci pouvant être parfois contradictoires. Cette dimension est tout à fait souhaitable et ne s'oppose en rien à la notion de "communion fraternelle". Au contraire, en proposant une plate forme d'expression pour des opinions différentes, on évite le piège de l'hypocrisie ou de la "pensée unique" dominante... De plus, la franchise et le dialogue sont, à n'en pas douter, des fruits de l'Esprit dont on aurait tord de se priver !"
Le coordinateur du site
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