Bruno Dal-Palu.

Psychologue - psychothérapeute - docteur en études psychanalytiques.

Article publié dans Réforme

Dans le débat sur le centenaire de la loi 1905, qui fixe les règles légales de la laïcité en France, on pourrait s’interroger sur la structure psychique de l’iconoclaste qui dans cette affaire écrit : « L’athéisme n’est pas une thérapie mais une santé mentale recouvrée ». Compte tenu du tapage médiatique autour de cet auteur, chacun aura subodoré qu’il s’agit de Michel Onfray dans son Traité d’athéisme (p. 30). Il est singulier de noter en préambule à notre réflexion qu’il s’agit d’un ouvrage préfacé par l’auteur lui-même, dont les quelques lignes de cet article pourraient être la postface d’un lecteur qui n’a pas été séduit par la solide cohérence du propos, mais plutôt inquiété par l’étrange méchanceté du discours envers les intellectuels croyants. Cette « inquiétante étrangeté » m’a rappelé quelque chose soufflée par Freud en son temps, à savoir : « Névrose, psychose ou perversion » ? Je me garderais de faire un diagnostic précis sur la structure psychique de l’auteur ne l’ayant pas comme patient, mais je tenterai une supposition pour éviter d’être sur le même plan que celui-ci, lorsqu’il se permet des interprétations psychologiques outrageantes concernant certains auteurs.

Quel que soit le référentiel diagnostic on peut en effet légitimement s’interroger sur le trouble de la personnalité du quidam qui se dit philosophe, et considère qu’avant lui toute l’ humanité qui a cru dans le divin était un ensemble d’imbéciles naïfs souffrant d’une « pathologie psychique » et qu’en prophète de l’athéologie, il prédit de manière contradictoire que le « dernier dieu disparaîtra avec le dernier homme » et qu’une « ère post-chrétienne va prendre la suite, inévitablement ». On peut également s’inquiéter lorsqu’il déclare : « Mon athéisme s’active quand la croyance privée devient affaire publique et qu’au nom d’une pathologie mentale personnelle on organise aussi pour autrui le monde en conséquence » (p.29). De qui parle-il ? Mais, outre cette projection, je m’inquiète qu’un homme aussi érudit que lui ne sache raisonner qu’à partir de la lettre imprimée, ce qui l’a conduit à conclure que la Bible se fonde sur la haine de l’intelligence, puisque selon lui : « La Genèse enseigne déjà cette détestation du savoir : car ne l’oublions pas, le péché originel, la faute impardonnable transmise de génération en génération c’est d’avoir goûté au fruit de l’arbre de la connaissance ». (p.173).

Comment un philosophe qui se prétend d’une intelligence si supérieure peut-il entretenir une telle confusion entre le texte et l’interprétation du texte et prendre un texte « religieux » pour un texte scientifique sans s’apercevoir qu’il est aussi hors de propos de reprocher à un texte religieux de ne pas parler le langage de la science qu’il le serait à un texte poétique de ne pas être cartésien. De deux choses l’une,  soit il ne s’agit que d’un « rat de bibliothèque », c’est-à-dire d’un rigoureux collectionneur de textes dont le sens lui échappe, auquel cas, il serait pardonnable, à condition qu’il renonce à sa prétention philosophique, soit il s’agit d’un philosophe au discours aussi psychotique qu’Althusser qu’il semble admirer et dont il imite la dialectique. Car, en dehors de cette hypothèse, comment comprendre qu’il confonde la spiritualité qui est une aspiration à la transcendance et la religion qui relève de l’immanence des dogmes et des rituels sans supposer que sa structure de son discours lui interdit l’accès à cette subtilité ?

D’autant que, dans cet ouvrage à prétention philosophique, cet athée militant parsème son texte d’indices inquiétants pour sa santé mentale dont il affirme pourtant être pourvu. Pour commencer soulignons, comme premier exemple, le fait qu’il qualifie de « Délire d’un hystérique » (p.165) les propos de Paul de Tarse appelé par beaucoup St Paul, en ajoutant qu’il « crée le monde à son image. Et cette image est déplorable : fanatique, changeant d’objet – les chrétiens puis les païens, un autre signe d’hystérie… -malade, misogyne, masochiste…(p.166) (…) Tout sauf le registre sexuel… Or, l’hystérie suppose un potentiel libidinal affaibli, voir nul (p.167) (…) A partir de sa physiologie délabrée, Paul milite pour un monde qui lui ressemble. Sa haine de soi se transforme en une vigoureuse haine du monde et de ce qui fait son intérêt. (p.169). Incapable d’accéder aux femmes ? Il les déteste…Impuissant ? Il les méprise. Excellente occasion de recycler la misogynie du monothéisme juif– dont héritent le christianisme et l’islam. (…) Deux millénaires de punitions infligées aux femmes uniquement pour expier la névrose d’un avorton ! (p. 171) ».

Si St Paul n’est qu’un pauvre névrosé, que penser de ce philosophe qui ne peut entendre un texte à partir de la place d’où il s’énonce ? D’autant que, fait inquiétant, il titre un paragraphe de son pamphlet : La contextualisation, une sophisterie. (p.207) et il poursuit en écrivant : « Je tiens pour l’impitoyable lecture historique des trois livres prétendus sacrés…Les Fables juives sur Canaan, les prophéties génocidaires mosaïques, la perspective d’un décalogue communautaire, la loi du talion, le fouet contre les marchands du Temple… (…) Ces trois livres servent le plus souvent qu’à leur tour la pulsion de mort consubstantielle à la névrose de la religion d’un seul Dieu » (p.209). Manifestement, il n’accède ni à la métaphore, ni aux paraboles qu’il lit au premier degré, et s’offusque que les textes sacrés soient « un tissu de contradictions » (p.159). Peuchère, mes patients psychotiques ont fait la même observation, cela pose question, surtout lorsqu’il s’enquière de savoir le niveau culturel de Paul et qu’il affirme :  « Rien ou si peu. (…) Son style lourd, emprunté, compliqué… » (p.173). Alors que ce Paul de Tarse n’était ni plus ni moins que l’élève d’un des plus grands rabbins et kabbalistes de sa génération : le rabbin Gamaliel. Or, si après vérification clinique, notre hypothèse se fait thèse, la charité judéo-chrétienne voire islamique, nous obligerait encore à lui pardonner pour ses propos incendiaires, voire insultants, qui ne seraient alors que l’expression d’une souffrance et d’une impossibilité d’appréhender la complexité de la réalité notamment dans sa dimension symbolique. Dès lors, il nous paraît plus aisé d’accepter qu’il ne puisse pas accéder à la pensée complexe et paradoxale paulinienne, d’autant qu’ayant pour projet d’être « un hédoniste éthique », il lui serait alors très difficile d’adhérer à cette évidence : « Tout m’est permis, mais tout ne m’est pas utile, tout m’est permis, mais je ne laisserai pas asservir par quoi que se soit » (1, Cor, 6,12).

Mais le pardon n’exclue pas la vigilance quant à la dangerosité de sa croisade et de ses mots d’ordre d’athéiste militant résumé dans cette déclaration : « Dépassons la laïcité encore trop empreinte de ce qu’elle prétend combattre ». Car, selon lui : « en mettant à égalité toutes les religions et leur négation, comme y invite la laïcité qui triomphe aujourd’hui, on avalise le relativisme : égalité  entre pensée magique et la pensée rationnelle, entre la fable, le mythe et le discours argumenté, entre le discours thaumaturgique et la pensée scientifique… (p.260) ». Il est clair que de tel propos ont quelques relents abolitionnistes dans le débat sur la loi de 1905, dans le sens d’une éradication du religieux, d’ailleurs il ajoute : « Or tous les discours ne se valent pas   : ceux de la névrose, de l’hystérie et du mysticisme procèdent d’un autre monde que celui du positiviste (…) »(p.261). Voilà une surprenante traduction française d’un vieil argumentaire qui avait déjà eu court dans certaines « républiques » dites démocratiques, à l’Est d’un mur que de vrais démocrates ont eu tant de mal à détruire. Et il conclut :  Doit-on rester neutre ? Je ne crois pas » (p.261). 

Ce sera le seul point que je partage avec ce livre, puisqu’en effet, on ne peut rester neutre devant de tels propos. Si l’on peut apprécier le pédagogue qui va souvent chercher des textes inédits, pour faire comprendre aux auditeurs d’un public populaire l’intérêt de la philosophie, il nous faut dénoncer le caractère totalitaire d’une telle argumentation fondée sur une apparente cohérence. Nous n’avons pas à faire plus de concession au sectarisme athée qu’au sectarisme religieux, ce sont deux logiques rougies par le sang d’innocents. C’est pourquoi il ne faut pas être dupe d’une « déconstruction » simpliste en rappelant à chaque lecteur qu’il n’y a rien de plus cohérent qu’un délire (notamment paranoïaque) qui du point du vue du discours psychotique qui l’énonce n’a de cesse de se moquer de la réalité complexe qui est ipso facto hors sens pour lui, ce qui ne veut pas dire qu’il énonce le bon sens.

Bruno Dal-Palu.
Psychologue - psychothérapeute - docteur en études psychanalytiques.
Article communiqué par Bruno Dal Palu à Paraboles.net,
et publié également dans le journal Réforme...

 

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www.reforme.net

 

 




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Date: 19/01/2011
Titre: Laïcité et athéisme
Nom ou Pseudo: Michel THYS
Email: michel_thys@voo.be
Pays: Belgique
reaction: Bonjour Monsieur Dal-Palu,
Pour ma part, je reproche à Michel ONFRAY, comme d'ailleurs à André COMTE-SPONVILLE, etc., de ne pas s'être intéressé aux études relatives à l'origine psychologique et éducative de la foi, ni aux observations neurophysiologiques qui tendent à expliquer sa fréquente persistance.
Je vous propose ci-dessous, en 3 pages, une approche inhabituelle du phénomène religieux.
Merci d'avance pour votre commentaire.
Michel THYS à Waterloo.
http://0z.fr/duySW
Une approche inhabituelle (« neuroscientifique ») du phénomène religieux.

Sans vouloir simplifier ou réduire l?infinie complexité du psychisme humain, et en particulier le phénomène religieux, à des « mécanismes » psycho-neuro-physio-génético-cognitivo-éducatifs (ouf !), n?est-il pas légitime de compléter son approche traditionnelle (philosophique, métaphysique, théologique, historique, psychanalytique, anthropologique, sociologique ?) en tenant compte de l?apport des neurosciences ?
Entendons-nous bien : les neurosciences ne prétendent évidemment pas démontrer l?inexistence de « Dieu » (par définition, aucune inexistence n?est démontrable).
Elles sont cependant susceptibles d?influencer la réflexion philosophique et d'inciter certains à conclure à son existence subjective, imaginaire et donc illusoire.

La peur est commune à tous les êtres vivants pourvus d?un système nerveux, mais seul l?animal humain sait qu?il va mourir et aspire à un « au-delà », à «l?immortalité de l?âme ».
C?est sans doute pour compenser la faiblesse corporelle des premiers hominidés que la sélection naturelle a développé la bipédie et le langage, ce qui a permis au néo-cortex pré-frontal de l' l'Homo Sapiens de s'hypertrophier, depuis environ 100.000 ans, et d'imaginer un nouveau mécanisme de défense, au-delà de l?animisme et du chamanisme : le recours à des dieux protecteurs et anthropomorphes (plus tard à un seul) dont ils tentaient d?apaiser la colère, ou de gagner les faveurs, par des sacrifices (hélas encore actuels dans l'islam ? !).

De nos jours et sous nos latitudes, même si la religiosité décline du fait que les esprits évoluent vers plus d'autonomie et qu?aucun dieu ne s?est jamais manifesté concrètement, les croyants monothéistes restent en quête d?apaisement, de sérénité, de certitudes, d?espérance en un au-delà, et donc de repères, de vérités révélées, d?absolu, de sacré, de spiritualité, de  transcendance, d?une relation personnelle avec Dieu au sein d?une communauté, etc.
Les religions en ont fait leur fond de commerce.

Mais comment expliquer cette fréquente persistance de la sensibilité religieuse et, à des degrés divers, l?anesthésie de l?esprit critique de certains croyants dès qu?il est question de croyance religieuse ?
A mes yeux, n'en déplaise à l'orgueil de certains, la foi ne résulte pas d?un choix vraiment libre.
Actuellement, en effet, « la liberté constitutionnelle de conscience et de religion» me paraît plus théorique et symbolique qu?effective, parce que l'émergence de la liberté de croire ou de ne pas croire est généralement compromise, à des degrés divers. D?abord par l?imprégnation de l?éducation religieuse familiale précoce, forcément affective puisque fondée sur l?exemple et la confiance envers les parents (influence légitime mais unilatérale et communautariste).
Ensuite par l?influence d?un milieu éducatif croyant qui ne développe pas l'esprit critique en matière de religion, occulte toute alternative humaniste non aliénante et incite à la soumission. L?éducation coranique, exemple extrême, en témoigne hélas à 99,99 %, la soumission y étant totale.

Après Desmond MORRIS qui l?avait pressenti en 1968, dans « Le singe nu », avec la notion de «dominant/dominé», Richard DAWKINS estime que la soumission est génétique : déjà du temps des premiers hominidés, le petit de l?homme n?aurait jamais pu survivre si l?évolution n?avait pas pourvu son cerveau tout à fait immature de gènes le rendant totalement soumis à ses parents (et donc plus tard à un dieu).

Déjà en 1966, le psychologue-chanoine Antoine VERGOTE, alors professeur à l?Université catholique de Louvain, avait constaté (son successeur actuel Vassilis SAROGLOU le confirme) qu?en l?absence d?éducation religieuse, la foi n?apparaît pas spontanément, et aussi que la religiosité à l?âge adulte en dépend (et donc l?aptitude à imaginer un « Père » protecteur, substitutif et anthropomorphique, fût-il
«authentique, épuré, Présence Opérante du Tout-Autre » (VERGOTE) ?).

Les neurosciences tendent, me semble-t-il, à confirmer l'imprégnation neuronale de la sensibilité et du sentiment religieux : des neurophysiologistes ont constaté que les hippocampes (centres de la mémoire explicite) sont encore immatures à l?âge de 2 ou 3 ans, mais que les amygdales (du cerveau émotionnel), elles, sont déjà capables de stocker des souvenirs inconscients, et donc les comportements religieux, puis les inquiétudes métaphysiques des parents, sans doute reproduits via les neurones-miroirs du cortex pariétal inférieur. Ces traces neuronales sont indélébiles, et renforcées par la plasticité neuronale, du fait de la répétition des expériences religieuses.
L?IRM fonctionnelle suggère que le cerveau rationnel, le cortex préfrontal et donc aussi bien l?esprit critique que le libre arbitre ultérieurs s?en trouvent inconsciemment anesthésiés, à des degrés divers, indépendamment de l?intelligence et de l?intellect, du moins en matière de foi.

Ce qui expliquerait la fréquente imperméabilité de certains croyants, notamment créationnistes, à toute argumentation rationnelle ou scientifique, et donc la difficulté, voire l?impossibilité de remettre leur foi en question, sans doute pour ne pas se déstabiliser (cf. le pasteur évangélique Philippe HUBINON à la RTBF :
« S?il n?y a pas eu « Création », tout le reste s?écroule ? ! ». Donc aussi « Dieu  ?

Il est logique dès lors que certains athées, comme Richard DAWKINS, ou agnostiques comme Henri LABORIT, au risque de paraître intolérants, perçoivent l?éducation religieuse, bien qu?a priori sincère et de bonne foi, comme une malhonnêteté intellectuelle et morale. Henri LABORIT l?avait bien compris :
« Je suis effrayé par les automatismes qu?il est possible de créer à son insu dans le système nerveux d?un enfant. Il lui faudra, dans sa vie d?adulte, une chance exceptionnelle pour s?en détacher, s?il y parvient jamais.(?) Vous n?êtes pas libre du milieu où vous êtes né, ni de tous les automatismes qu?on a introduits dans votre cerveau, et, finalement, c?est une illusion, la liberté ! ».
(Mon oncle d?Amérique » d?Alain RESNAIS).

Dans cette optique, les conversions religieuses deviennent compréhensibles.
Même si l'on ne peut pas actuellement expliquer le processus biochimique précis qui enclenche le ?switch », l?interrupteur qui fait basculer de l?incroyance vers la croyance, il se produit un bouleversement des neurotransmetteurs, un peu comme dans le cas du coup de foudre amoureux. Je m?explique comme suit, par exemple, la conversion de Paul CLAUDEL, ancien croyant, en entendant le Magnificat de BACH à N-D de Paris. Tout se passe comme si, malgré sa brillante intelligence, l?environnement sensoriel (les grandes orgues, les choeurs, l'odeur d?encens, le décorum, ?- avait provoqué un bouleversement d?hormones et de neurotransmetteurs, au niveau notamment de la sérotonine et de la dopamine, au point de faire disjoncter son cerveau rationnel au profit se son cerveau émotionnel. Ce n?est d?ailleurs pas surprenant lorsqu?on sait que les sensibilités poétique, musicale, religieuse, ?, y ont des localisations voisines, ce qui facilite les interactions..

Les exemples sont nombreux, dans d?autres circonstances : par exemple la conversion du docteur Alexis CARREL, qui avait perdu la foi pendant ses études, et qui l?a retrouvée lors d?un voyage à Lourdes, ou celle d?Eric-Emmanuel SCHMITT perdu sous le firmament glacial du Sahara, à 29 ans (même lorsqu'on est issu comme lui d'une famille incroyante, l' influence de deux mille ans de christianisme se réveille chez certains incroyants en danger de mort).

Du fait de la sécularisation et de la laïcisation croissantes, de plus en plus d?européens (sauf les musulmans) désertent les lieux de culte et privilégient l?autonomie de la conscience et la responsabilité individuelle, plutôt que la traditionnelle soumission religieuse (sauf en Irlande, en Pologne, à Chypre, à Malte, Italie,?).
Les religions réagissent donc par des tentatives de réinvestissement des consciences, de re-confessionnalisation de l?espace public (surtout depuis Jean-Paul II, le chanoine-président Sarkozy 1er, ?) et de re-cléricalisation de la politique européenne (cf.par exemple l? « Opus Dei »), tandis que les sectes, expertes en manipulation mentale et en abus de faiblesse, spéculent sur la quête de sens qui subsiste (cf. les évangélistes américains, les créationnistes, etc.).
Il n?y a pas un « retour du religieux », mais de nouvelles «stratégies» religieuses qui exploitent à la fois la vulnérabilité du psychisme humain, notre conception de la « tolérance » et le laxisme de certains politiciens électoralistes qui concèdent des revendications inspirées par la charia.

Pour que les libertés de conscience et de religion, et en particulier celle de croire ou de ne pas croire, deviennent plus effectives que symboliques, il faudrait donc, selon moi, s?orienter vers un système éducatif pluraliste proposant à tous une information minimale, progressive, objective et non prosélyte à la fois sur les différentes options religieuses ET sur les options laïques actuellement occultées, l?humanisme laïque, la spiritualité laïque, etc.

La religion est une affaire privée qui n?a pas sa place à l?école.
Elle ne devrait y être mentionnée que lors d?un cours d?histoire ou de philosophie, parce qu?un minimum de culture religieuse fait partie de la culture générale, notamment artistique.
Dans cette optique, l?enseignement confessionnel apparaît comme élitiste, inégalitaire, prosélyte, exclusif, anachronique et donc obsolète et inadapté à notre époque de pluralisme des cultures et des convictions.

Un enseignement pluraliste, au contraire, compenserait l?influence familiale, celle d?un milieu croyant exclusif et les inégalités socioculturelles.
Chacun pourrait choisir, en connaissance de cause, aussi librement et tardivement que possible, ses convictions philosophiques (OU religieuses, puisque le droit de croire restera toujours légitime et respectable, a fortiori si cette option a été choisie plutôt qu?imposée).
Un tel système éducatif permettrait enfin de rechercher des valeurs communes, « universalisables », parce que bénéfiques à tous et partout, telles que le respect de la dignité de l?homme, de le femme et de l?enfant, la liberté (effective et non plus seulement symbolique) de pensée, de conscience et de religion, etc..
L?avènement d?une citoyenneté responsable me paraît à ce prix..

Mais cela impliquerait de repenser d?abord les notions de «neutralité» de l?Etat et de «libre choix» des parents, lequel n?est pas prioritaire par rapport à «  l?intérêt supérieur de l?enfant ».

Dans une ou deux générations, peut-être ? ?

Michel THYS à Waterloo michel_thys@voo.be http://0z.fr/duySW

Références bibliographiques :

- Antoine VERGOTE, chanoine, « Psychologie religieuse », du, Ed. Dessart 1966.
ancien professeur à l?Université catholique de Louvain.1966.
- Vassilis SAROGLOU (son successeur) & HUTSEBAUT, D
Religion et développement humain »,. 2001.
- Patrick JEAN-BAPTISTE « La biologie de dieu » 2003 Agnès Viénot 2003.
- Jean-Didier VINCENT : « Voyage extraordinaire au centre du cerveau » Odile Jacob 2007.
- V.S. RAMACHANDRAN « Le fantôme intérieur ». Odile Jacob 2002.
- Jean-Pierre CHANGEUX « L?homme neuronal »1993, « L?homme de vérité » 1994
- Pascal BOYER « Et l?homme créa les dieux ».
- Antonio DAMASIO « L?erreur de Descartes »2001 et « Spinoza avait raison?.
- Henri LABORIT « Une vie » 1996 « Derniers entretiens »
- Mario BEAUREGARD « Du cerveau à Dieu » « The spiritual brain »
- Michaël PERSINGER « On the possibility of directly accessing every human brain
by electromagnetic induction of fundamental algorythms ».1995.
- Paul D. Mac LEAN « Les trois cerveaux de l?homme » 1990.
- Joseph LEDOUX « Emotion, mémoire et cerveau » 1994.
- John SAVER & John RABIN « The neural substrates of religion experience » 1997.
- Francis CRICK « Une vie à découvrir »
- Via Internet : « Le cerveau à tous les niveaux ». Etc.








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