La semence/1



Marc 4.26-29

Jésus dit aussi : "Ainsi le Royaume de Dieu, il est comme un homme qui a jeté sa semence sur la terre, et qu'il dorme ou soit debout, nuit et jour, la semence germe et grandit et il n'y comprend rien.
D'elle même la terre porte du fruit ; c'est d'abord de l'herbe, puis un épi, puis un grain bien plein dans l'épi et quand le fruit est à point, aussitôt on envoie la faucille, car c'est le temps de la moisson."


La parabole précédente (Le semeur) nous a montré que le Royaume de Dieu est faiblesse. Dieu a voulu n'être qu'un semeur. Il a accepté pour lui-même et pour son Messie les limites et les dangers qui régissent la condition humaine.
Il a accepté que sa parole soit soumise aux avatars et aux limitations auxquels se heurtent toutes les paroles humaines.
Il a accepté que l'oiseau la dévore, le soleil la tue et la ronce l'étouffe. Autrement dit, il a accepté que sa parole soit aussi une parole humaine, simplement humaine. Cela a des conséquences que nous ne tirons pas toujours :

a) Il faut comprendre, par exemple, qu'il ne se dégage pas de la Bible ou de la prédication un fluide magique, qui investirait et pénétrerait fatalement ceux qui lisent ou qui écoutent. Pour certains, la Bible sera et restera simplement un recueil d'histoire des religions. Ils liront sans entendre et sans comprendre (Mc4.10ss).

b) Il faut prendre garde à ne pas "diviniser" nous-mêmes cette parole, à ne pas la transformer en propagande, à ne pas en faire une parole indiscutable et imparable. Laissons cela aux autres paroles...humaines qui, justement (cf. débats politiques) veulent se présenter comme des paroles "divines", des paroles qui doivent convaincre tout le monde ; celles-ci ont besoin de se croire infaillibles. Pas de parole de Dieu.
Ainsi, nous n'avons pas à prouver la Parole de Dieu, mais à l'annoncer, à la semer.

c) Mais on ne bâcle pas des semailles. Parce qu'elle est humaine, cette parole (lors des semailles) réclame nos soins. C'est une autre manière de la diviniser que de renoncer à toute préparation, ou de ne plus y mettre sa conviction et son coeur.

Celui qui croit que l'Esprit souffle dès qu'un verset biblique est prononcé commet la même erreur que celui qui pense que la fidélité à cette humanité de la Parole signifie monotonie, objectivité et ennui.




Alphonse MAILLOT
"Paraboles de Jésus"


Parole Vive, Editions Olivétan

 

 

 










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