Une
araignée qui tisse les fils d’une toile…

Avec justesse et élégance,
André Dumas remarque que la première qualité d’un
pasteur est de ne pas faire perdre leur temps à ceux
qui viennent auprès d’eux. On approuve
cette sagesse, mais on tremble en lisant la suite du propos
: « Autant
dire qu’il devrait être intéressant, ce
qui n’oblige pas à paraître sans cesse
brillant. Il devrait être vibrant mais non pas spectaculaire,
simple mais non pas simpliste, actuel mais non pas à la
mode, humble mais non pas effacé, bon mais non pas
niais, courageux mais non pas agressif, assuré mais
non pas agaçant d’autorité, disponible
mais non pas dispersé, travailleur mais non pas accablé,
détendu mais non pas paresseux, capable de souffrances
mais ni amer ni jaloux, capable de joie mais ni idéaliste
ni utopique, en un mot ce que chacun de nous souhaiterait être,
tout en sachant qu’il ne l’est pas encore vraiment. »
Il poursuit en décrivant le quotidien du ministère : « La
vie pastorale est une longue route, comme on parle d’un long mariage
et comme la Bible parle d’une longue alliance, où le prix de toujours
travailler dans le domaine humain et spirituel se paie en usure comme en grâce,
où certains jours on préférerait avoir affaire avec la
nature plus tangible des objets, des acquis, des résultats et où d’autres
jours on est heureux de voir se lever ce qui a été semé à tout
vent, à l’image de la célèbre semeuse évangélique
du Petit Larousse. Le pasteur est une araignée. Sans cesse il tisse
les fils d’une toile qui voudrait unir la Parole de Dieu à la
terre entière. »
Antoine Nouis
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