Aumônier des députés

Peu connue, l'Église catholique a son antenne à l'Assemblée nationale.






«Les artistes ont leur aumônier catholique. Pourquoi pas les parlementaires ? » Voici comment le père Matthieu Rougé justifie l'existence du Service pastoral d'études politiques (Spep), créé en 1993 par le cardinal Lustiger, alors archevêque de Paris. « Il s'agit d'une présence de l'Église catholique auprès d'un monde particulier. Le Spep est un lieu ouvert, disponible aux parlementaires, catholiques ou non. » Pour faciliter les choses, le Service est accueilli au presbytère de la basilique Sainte-Clotilde, à deux pas du Palais-Bourbon. En plus de la messe de rentrée d'octobre, Matthieu Rougé multiplie les contacts individuels avec les élus de tous les bords. « Chaque mois, nous proposons un déjeuner-débat autour d'un thème sur lequel l'Église apporte une valeur ajoutée, en matière éthique ou sociale. Les élus apprécient également l'expertise de terrain de certains militants chrétiens. » Selon les sujets, de vingt à quarante parlementaires sont au rendez-vous. « Ce n'est pas rien, car ils reçoivent dix invitations par jour ! »
« Les parlementaires ont besoin de parler, explique le père Antoine de Vial, responsable du Spep entre 1995 et 2004. Ils s'intéressent à notre Église, à son histoire, à sa doctrine sociale. Ils trouvent là un accompagnement, pas un discours moral. » Antoine de Vial veillait à l'équilibre droite-gauche du Service. Car si sa fréquentation pour un élu de droite ne pose aucun problème, il n'en est pas de même à gauche. Le père de Vial avait encouragé des initiatives de jeunes militants. Olivier Bobineau, étudiant très actif au Spep à l'époque, se souvient : « Avec des amis du RPR, de l'UDF et du PS, nous avions fondé Jeunes chrétiens en politique. Une session de deux jours à Montmartre avaient rassemblé deux cents personnes. » Le groupe avait éclaté et, en 1998, une partie des membres avait alors lancé Chrétiens pour une gauche nouvelle. Les encouragements d'Antoine de Vial n'ont pas suffi à faire perdurer cette intuition.


Foi de gauche

« Au PS, la discrétion est obligatoire, raconte un bénévole en charge des manœuvres d'approche durant plusieurs années. Certains laissaient même courir le bruit qu'ils étaient protestants. En fait, les quelques élus socialistes intéressés préféraient se retrouver entre eux plutôt que face à leurs rivaux. » C'est ainsi qu'un groupe de parlementaires catholiques de gauche, ouvert à d'autres élus et intellectuels, a vu le jour, proposant notamment trois rencontres sur la laïcité. En poste depuis 2004, le père Rougé – également curé de Sainte-Clotilde – n'a pas poursuivi dans cette voie. « Il n'y avait quasiment plus de parlementaires dans ce groupe », se justifie-t-il. De plus, les élus de gauche sont aujourd'hui peu nombreux dans les deux assemblées, contrairement aux années 1997- 2002, quand ils dominaient le Palais-Bourbon. « Les parlementaires de gauche ont une culture de vie de foi privée. Je respecte cela en multipliant les contacts personnels, avec des socialistes, mais aussi des Verts et des communistes. »
Le père Rougé apprécie que les chrétiens prennent leur part dans le renouveau de l'intérêt pour la chose politique. « Beaucoup de paroisses et d'aumôneries m'ont sollicité pour évoquer les liens entre foi et action politique. Et de nombreux diocèses mettent en place des liens privilégiés avec les élus locaux. »
Matthieu Rougé, qui anime le Spep avec un diacre et une équipe de laïcs, est également le conseiller spirituel du Groupe de spiritualité parlementaire. Depuis les années 50 – beaucoup d'élus étaient alors formés par l'Action catholique et y trouvaient un lieu pour leur « révision de vie » –, ce groupe organise des prières et des pèlerinages. Le groupe touche encore une petite centaine de parlementaires et de membres du Conseil économique et social. Son président, le sénateur aveyronnais Bernard Seillier, « villieriste », est affilié au Rassemblement démocratique et social européen, groupe qui accueille radicaux de droite… et de gauche.

Par Philippe Clanché

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http://www.temoignagechretien.fr/



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Date: 11/12/2010
Titre: Aumônier des députés.
Nom ou Pseudo: jackmaillard
Email:
Pays: France
reaction: Ce qu'on appelle la crise n'est qu'une gestion obsolète du progrès.

La gestion qui permettrait d'effacer la crise consiste à mettre en place les assiettes fiscales et sociales d'Inoppression Active

Parole de concepteur en Economie politique









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