Bruno Dal Palu

Docteur en Etudes Psychanalytiques
Diplômé d'Etudes Supérieures Spécialisées en Psychologie.
Diplômé d'Etudes Approfondies de Sciences Politiques
Licencié en Ethnologie.
Marié, il a élevé cinq enfants et habite dans un petit village près d'Uzès, où se trouve son cabinet et l'Ecole de Relation d'Aide et de psychothérapie qu'il a créé : l'Institut d'Etudes en EmètAnalyse.

 



Bruno Dal Palu, vous êtes psychologue et thérapeute, mais aussi chrétien, d'obédience Protestante...

Je suis toujours baptisé catholique et j'ai fait ma propre réforme, du coup effectivement pour l'instant je suis membre de l'Eglise réformée d'Uzès.


Bien. Or, Il s'avère que souvent, dans nos milieux évangéliques, les gens sont assez "frileux" par rapport à la psychologie, bien que la notion de "relation d'aide" devienne de plus en plus répandue. A quoi est dûe, selon vous, cette méfiance vis à vis de tout ce qui touche à la psychothérapie ? Est-elle justifiée ?

Vaste question qui nous anime depuis plus de treize maintenant, car notre école de relation essaye d'y répondre à sa manière. Mon analyse repose sur deux points : d'une part cela tient au fonctionnement des églises qui fédèrent les énergies dans une prise en compte à la lettre du terme "Saint", qui veut dire" mis à part". Au point qu'ils se considèrent comme des saints, qu'ils faut distinguer des autres, les païens, les mécréants.
D'autre part cela tient à leur désir de trouver une solution qui permette de continuer de vivre en faisant table rase de leur histoire, en considérant encore, par un abus de la lettre, que: " Toutes choses sont devenues nouvelles" lors de leur conversion, ce qui équivaut à dire que le passé est oublié. Mon expérience à moult fois mis en évidence combien c'est une illusion, qui tient le temps des fiançailles avec Christ, puis fait retour.
En revanche je peux affirmer d'avoir accompagné des centaines de chrétiens qui vivent le verset de Thessaloniciens 5, 23 , à savoir la paix de Dieu en corps , âme et esprit. Parce que notre Relation d'Aide leur a fait découvrir les bienfaits d'un Dieu incarné en Jésus, qui ne privilégie par une instance plus qu'une autre, mais accueille le sujet chrétien comme un sujet désirant, et pour autant aimant sincèrement ses proches, son prochain et Dieu, dans un ordre qui permet de vivre sa foi de manière équilibrée et pour l'éternité .


Pensez-vous que la "relation d'aide", telle qu'elle est pratiquée et enseignée dans les églises, soit suffisante et adaptée pour répondre aux besoins des personnes en difficulté ?


Non, parce que trop souvent elle fixe un primat : "marcher par l'esprit", qui ne respecte pas la divine transformation que nous propose Christ, qui s'est fait homme pour nous rencontrer d'abord dans notre humanité.


De par l'expérience que vous apporte vos nombreuses consultations, considérez-vous que la bonne volonté, la compassion et des conseils inspirés de la bible peuvent suffire à résoudre les problèmes auxquels sont confrontés beaucoup de croyants sincères, se débattant souvent contre d'énormes difficultés intérieures, parfois même depuis de nombreuses années ?

C'est mieux que rien , car l'écoute fait baisser la pression, calme la douleur, mais cela n'apporte ni solution durable, ni ne traite l'origine de la souffrance. L'efficacité dans la Relation d'Aide, c'est l'effet de tiers qu'introduit le professionnel de la thérapie avec le sujet en souffrance, par le fait qu'il ne fait ni la morale, ni ne se met à la place de l'autre pour le conseiller, mais l'aide à élaborer sa solution, qui va le rendre fier d'être ce qu'il est à ses yeux, aux yeux de l'autre et au regard de Dieu, le Radicalement Autre.


Les thèmes de la "Délivrance" et de la "Guérisson intérieure" sont notamment très à la mode dans certains milieux charismatiques. Il semble légitime de rechercher des solutions rapides et radicales pour résoudre nos difficultés. Pensez-vous néanmoins qu'une telle approche soit en cohérence avec les grands principes de la psychothérapie telle que vous la pratiquez ?

D'abord permettez-moi de vous faire observer, que ce n'est pas vraiment à la mode, cela a toujours existé, depuis que certains lisent à la lettre l'Ancien et le Nouveau Testament. Bien sûr qu'il est légitime de chercher des solutions rapides à sa souffrance, et la psychanalyse, longtemps considérée comme la seule et coûteuse thérapie, les a entraînés sur cette fausse piste. Je ne nie pas la réalité de ces délivrances et de ses guérisons, mais je m'élève contre ceux qui méconnaisse leurs effets dévastateurs, lorsque ce n'est pas relayé par un accompagnement personnalisé de cette grâce. Cela engendre des revendications de toute-puissance à l'égard des responsables d'église et de Dieu, qui conduisent souvent à terme, à éloigner de la foi ces "miraculés", ou à en faire de tristes témoins du Ressussité, lorsque celui-ci répond par le silence. Ainsi la plupart du temps cette bénédiction est pervertie, et ce qui devait libérer devient un joug, qui loin d'être allégé par Christ, est alourdi du poids d'une dette non gérée. C'est vraiment dommage...


Vous dites parfois que, selon vous, si Jésus revenait aujourd'hui, ses disciples seraient "Psychothérapeutes". C'est un point de vue pour le moins original ! Qu'entendez vous par là ?


Ce n 'est pas si original que cela, car déjà de manière presque contemporaine, au temps de Jésus, il y avait des juifs à Alexandrie, que l'on appelait "thérapeutes", et qui proposaient de vivre dans cette paix divine, en nouant corp,s âme et esprit. Or, je demeure persuadés que les apôtres étaient et seraient encore comme ces quelques psychothérapeutes, qui comme nous pensent leur métier de la manière suivante : en abordant la personne comme quelqu'un qui recherche cette forme d'unité qui donne la paix.
Au début, ils n'étaient guère plus que douze, pour avoir cru à cette Bonne Nouvelle, mais parce qu'elle était dans le plan du Seigneur, elle est arrivée jusqu'à nous. Il nous reste à savoir en faire un bon usage, après l'avoir comprise dans son esprit et, pas dans sa lettre, pour la rendre agréable au génération à venir. Un tel héritage, cela se protège, voir se valorise ; c'est notre ministère à tous.

 


Bruno, vous pensez qu'il est nécessaire pour tout croyant de faire, tôt ou tard, un passage du "Dieu tout puissant" au Dieu qui bénit puissamment par son amour... Pouvez-vous développer pour nous ce concept ?

Il en est de la maturité spirituelle comme de celle qui est plus psychologique, tôt ou tard il est nécessaire pour la plupart d'entre nous d'y accéder un jour, mais ce n'est pas le cas de tout le monde. De même qu'il y a des personnes qui refusent de grandir, de même sur le plan spirituel, il y en a pour qui croire en un Dieu tout puissant les rassure durablement. Ceux-là, n'opèreront pas ce passage à un Dieu qui bénit nos difficultés, nous soutient et nous encourage à les traverser. Dieu, tel un bon père nous apparaît tout puissant dans un premier temps, puis dans un second temps, sait se retirer pour nous permettre de nous approprier nos victoires, c'est le temps de la maturité spirituelle, celle que l'Evangile appelle le temps des nourritures solides. Et c'est en ce temps que notre foi nous permet de comprendre l'existence de la souffrance ou de la mort, et que cette formule : "tout concourt au bien de ceux qui aiment Dieu" prend un solide et tout autre sens.


Selon vous, certaines églises font penser à des maternités ou à des nurseries : elles ont la vertu et la mission de "donner naissance" à de nouveaux croyants, de permettre l'émergence de nouveaux convertis. Que se passe-t-il si cette étape s'éternise, et que les gens en restent à cette étape-là ?

Je viens un peu de l'évoquer, à savoir qu'il s'agit dans ce cas d'enfants de Dieu qui refusent de grandir spirituellement, qui se complaisent dans une croyance magique qui déresponsabilise puisque dans leur optique, c'est Dieu qui fait tout selon son bon vouloir.
Il faut aussi souligner que lorsque cette étape s'éternise, c'est souvent au détriment d'une juste représentation de Dieu.



Qu'est-ce que veut dire pour vous "Devenir adulte en Christ" ?


C'est suivre le Chemin qu'il a tracé, à savoir l'incarnation, c'est être encore plus responsable de ce qui m'est donné, la vie tout d'abord, mes talents, et prier Dieu non pas pour qu'il interviennent à ma place, mais qu'il m'encourage à assumer de devenir ce que j'ai à être, et que par son Saint Esprit il me permettre de découvrir le "must" de l'Evangile que je viens de citer, mais je ne m'en lasse pas :"tout concourt au bien de ceux qui aiment Dieu"


En quoi la psychothérapie peut-elle aider une personne immature à accéder à cet état "d'homme fait" (selon la terminologie biblique) ?

L'objectif d'une thérapie, lorsqu'elle est conduite par des professionnels est toujours de permettre à une personne de devenir elle-même. Cela semble trivial de le dire ainsi, mais c'est loin d'être évident. Pour être plus précis, une psychothérapie est une aide au développement personnel, et c'est en cela qu'elle permet d'accéder au statut "d'homme fait"'... Mais cela se complique pour des chrétiens, car il ne faut pas que la psychothérapie ne les divise plus qu'il ne le sont déjà. Dans ce cas, la thérapie doit donc aider la personne à dépasser ses divisions vers une unification de soi, pour pouvoir vivre en paix en ce monde, avec une foi encore plus profonde.


Myriam Dal-Palu

Psychothérapeute-formatrice
Co-fondatrice de l'EmètAnalyse
Membre titulaire et déléguée régionale du SNPPsy.



En quoi consiste l'EmètAnalyse et comment s'articulent les différents modules et le cursus global ?

L'EmètAnalyse que nous avons créée, mon mari et moi en 1989, est issue comme une réponse entre notre activité de " psy " et notre foi évangélique. En effet, nous étions l'un et l'autre confrontés à la division suivante : en présence de " psy ", nous passions pour des névrosés délirants en fréquentant des églises charismatiques, et dans ces églises on nous prenait pour des " possédés de Satan " en adhérant aux thèses de la psychanalyse et autres psychothérapies. L'EmètAnalyse est donc une méthode de psychothérapie intégrative et de coaching, qui permet notamment de faire ce nouage entre psychologie et foi. Notre expérience est très orientée par l'accompagnement des chrétiens, vers une maturité spirituelle qui permet de vivre sa foi plus en paix.

La formation est organisée en trois cycle. Le cycle I, d'une durée de 12 heures, permet de découvrir les concepts fondateurs de l'EmètAnalyse et leur pertinence, tant pour le cadre familial que professionnel. Le cycle II est une formation qualifiante en Relation d'aide ou en Management des relations humaines (d'une durée de 100 h en RA & 125 h en MRH). Elle permet à toute personne, sans pré-requis particulier d'analyser et gérer " la pathologie de la vie quotidienne " pour ce qui concerne les enjeux de la relation d'aide et/ou du management dans les entreprises et autres organisations. Le cycle III, par son saut quantitatif, apporte une formation professionnelle certifiante comme psychothérapeute ou consultant-coach en EmètAnalyse à l'issue de séminaires théoriques, stages, supervisions de groupe et individuelles et travail sur soi approfondi. En outre, l'Institut d'Etudes en EmètAnalyse que je dirige, offre aussi une formation continue à tout praticien qui peut participer ultérieurement à des sessions d'approfondissement pour maintenir son professionnalisme.


Faut-il être particulièrement croyant ou pratiquant pour s'intégrer dans ce programme ? Comment les questions concernant la Foi sont-elles abordées ?

Non certainement pas, cependant comme pour toute théorie, il est indispensable d'accepter les bases anthropologiques et éthiques qui fondent l'EmètAnalyse, celles-ci renforcent la conviction des chrétiens mais favorisent aussi le respect des autres formes de Foi, dans lesquelles nous pensons qu'elles sont expression de l'amour, imprégnées des " semences du Verbe". Cependant si la formation exclut tout prosélytisme, quel qu'il soit, il est annoncé clairement à tous nos stagiaires que nous sommes chrétiens, de façon à ce que les choses soient claires.



Proposez-vous d'autres types de cursus de formation ?


Oui bien sûr. Il s'agit soit de formations en extra-muros de notre Institut, c'est-à-dire que nous formons à la demande des institutions et des entreprises à tout ce qui concerne la relation humaine ou le projet d'entreprise, soit de formation intra-muros à thème, ouvertes à des professionnels, comme la victimothérapie, ou la sexothérapie.



Comment peut-on connaître les dates et lieux de ces différents cycles de formation ?

Les formations organisées par l'Institut d'Etudes en EmètAnalyse sont mentionnées dans une plaquette générale annuelle que l'on peut se procurer en s'adressant à EmètSystème® 25 ,bd Gambetta 30 700 Uzès, ou sur notre site www.emetanalyse.com , ou en me contactant par téléphone en demandant, Myriam Dal-Palu, au 04 66 22 65 04, je me ferai un plaisir de développer ce que je viens de vous résumer.
 
 
  Visiter le site de l'Emetanalyse
  Interview des fondateurs
  Trouver un psychothérapeute chrétien dans votre région
  Se former à la relation d'aide dans une optique chrétienne
  Prendre contact avec un psychothérapeute en Emetanalyse


forum.php









Paraboles.net - 497, av Victor HUGO - 26000 VALENCE
Tél :
04 75 81 82 24 - Fax : 04 75 81 82 25 - Email : contact@paraboles.net