Le fondamentalisme.

Je suis convaincu que le fondamentalisme – au sens où l’on croit détenir la vérité suprême et le droit de l’imposer aux autres – ne constitue pas une réponse adaptée aux problèmes du monde moderne, tant sur le plan religieux que politique. Il est largement préférable de traiter ces problèmes de manière pragmatique en se fondant uniquement sur des faits et des discussions, de privilégier l’expérimentation aux conclusions hâtives.

En se laissant guider par l’idéologie, on court le risque de commettre des erreurs. Le monde regorge de questions épineuses qui n’appellent pas de réponses évidentes. On peut ne pas être d’accord sans pour autant être ennemis.

Source inconnue.

 

Qui sont les fondamentalistes ?

Les fondamentalistes ne représentent pas une confession ou union d'Eglises, mais un courant de pensée qui peut se retrouver dans différentes confessions.

Le terme "fondamentalisme" est né aux Etats-Unis au début du XXème siècle. Les fondamentalistes refusent les interprétations libérales ou spiritualistes des textes bibliques. Pour eux, la Parole de Dieu est la Bible et non pas dans la Bible. Ils refusent en particulier le darwinisme et son enseignement dans les écoles. Les théories de l'évolution leur paraissent contraire au texte biblique de la création tel qu'il est rapporté dans la Genèse. Ils refusent également l'oecuménisme.

Les positions fondamentalistes sont plus fréquentes dans les Eglises Evangéliques, mais il ne faut pas identifier le fondamentalisme au protestantisme évangélique.
Dans un sens large et non historique, le protestantisme est un "fondamentalisme", dans la mesure où il s'en tient à "l'Ecriture seule", contre toute interprétation qui apparaîtrait divergente.
Mais il est aussi un "libéralisme", dans le sens où il affirme l'importance du libre examen et la relativisation des magistères ecclésiastiques, théologiques, moraux. C'est la tension entre un certain "fondamentalisme" et un libéralisme qui est constitutive du protestantisme.

D'après Jean-Paul Willaime, in Encyclopédie du Protestantisme, Cerf/labor et Fides, 1995
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La théologie libérale

On entend par libéralisme, un mouvement qui a toujours existé dans l'Eglise, et qui se refuse à inféoder la foi des individus, à une formulation dogmatique.

Historiquement, le mouvement se structure vers la fin du XVIIIe siècle. Largement tributaire de la philosophie des Lumières, et de la critique historique des textes bibliques, les théologiens libéraux tentent de relativiser la notion de vérité immuable véhiculée par les dogmes et la tradition. Le mouvement est complexe, il est à la fois un retour critique à l’Ecriture contre la systématisation du message par la dogmatique chrétienne, il se veut aussi une tentative de réconciliation entre la culture et la foi. Pour se faire, il reste très attentif aux évolutions scientifiques et culturelles. L’Eglise et sa hiérarchie sont relativisées comme étant principalement des œuvres humaines. L’insistance sur le rôle de la raison et du sentiment fera parfois pencher le libéralisme vers un rationalisme assez typique du XVIIIe siècle, mais aussi dans un sentimentalisme que l’on retrouve dans le courant romantique, et dans les mouvements piétistes du Réveil.

Les adversaires du libéralisme lui reprocheront parfois de s’être totalement confondu avec l’humanisme des libres penseurs. Si cette critique est fondée, elle ne saurait faire oublier la grandeur exceptionnelle de cette théologie dont nous redécouvrons les travaux aujourd’hui. Une formule d’Albert Schweitzer résume parfaitement l’esprit de ce mouvement: " Paul a toujours garanti les droits de la pensée dans le christianisme. Au-dessus de la foi établie par la tradition, il a placé la connaissance par l’Esprit du Christ. Un respect invincible de la vérité vit en lui. Il n’admet d’autres contraintes que celles imposée non par une autorité doctrinale; mais par l’amour.
Cependant, ce n’est pas un révolutionnaire. Son point de départ est la foi de l’Eglise, mais il n’admet pas qu’il doive s’y borner; il revendique le droit de penser le contenu intégral de la christologie, que les vérités auxquelles il aboutit soient ou non admises par la foi courante de l’Eglise ".

Philippe Aubert
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