Lorsque l'on rencontre Dieu, d'une manière ou d'une autre, c'est toujours une expérience bouleversante. Selon les tempéraments, cela pourra se passer de façon très émotive et très passionnelle, pour d'autres le vécu sera plus intériorisé, plus canalisé, mais non moins intense....
L'une des premières manifestations de cette expérience unique et hors du commun, c'est souvent la louange qu'elle suscite, spontanée, balbutiante, à la fois maladroite et précieuse, elle ressemble aux premiers "babils" du bébé envers sa mère : c'est baveux, délicieux, craquant... et pas forcément très théologique. Mais heureusement, à ce moment-là, personne n'est censé s'en mêler !
Car cela se passe entre la personne concernée et Dieu lui-même. Ce Dieu qui, d'une façon étonnante et incompréhensible pour notre intelligence humaine, arrive à se rendre disponible pleinement à toutes nos prières, nos supplications, nos cris, nos doutes, nos demandes "express", nos appels aux secours... etc, etc.
Et le plus étonnant, c'est qu'après des années et des années de vie chrétienne, cette soif de louer Dieu demeure ! Lorsque l'on a expérimenté la joie que nous procure la présence du Seigneur au travers de son Saint-Esprit (ce qui veut dire barboter joyeusement dans la tendresse de Dieu), il devient impossible de se passer de cette "super-drogue" : c'est pire que le café chez les Ch'tis !
Et je sais de quoi je parle ! Je suis né à Halluin, à la frontiète Belge, et j'ai vévu plus de 10 ans à Lille, sans oublier Dunkerque, Hazebrouck, Lens, Arras, Douai, Armentière et j'en passe... Bref,
je suis dech'nord ...Ch'ti de chez Ch'ti !
Le contexte s'y prête, avec le succès d'audience du film " Bienvenus chez les Ch'tis ", qui a le mérite de focaliser le scénario sur des gens simples, " Buveux d'café, assis su s'caïelle ", et amateurs de bonnes bières onctueuses comme on n'en trouve dans le Nord de la France (grâce aussi à la Belgique limitrophe, avec entre autres ses célébres bières d 'abbayes).
Et la louange dans tout cela ? Et bien, c'est l'expression simple et naturelle de notre amour pour un Dieu qui reste à découvrir, certes, mais qui néanmoins se révèle sans réserve à ceux qui le cherchent, que ce soit dans un processus théologique encadré, ou de façon moins conventionnelle.
Faut-il louer Dieu par convenance ? J'en doute, notre Dieu n'étant pas un Dieu de protocole. Ce n'est quand même pas la Reine d'Angleterre que nous devons "honorer", Dieu nous en préserve : pas besoin de courbettes ! Non, notre Dieu est proche, tellement proche qu'il a pris forme humaine et a vécu sa vie terrestre comme vous et moi... Il paraît même que c'était un simple charpentier !
S'il était né à
Bousbecque, dans le Nord, on l'aurait sans doute interpellé à la Ch'ti : " Cha va tisot ? Komint qu'i va ? ". En Israël, j'imagine qu'on l'apostrophait autrement, mais ils avaient sûrement aussi certaines formes d'expressions populaires pour s'exprimer de façon familière.
Cela ne veut pas dire qu'il faut louer Dieu en Ch'ti, mais je pense que si un vrai ch'ti parle à Dieu et lui dit "
min dieu qu' j'taime ", sa louange passera comme une lettre à la poste !
Car dans la louange, Dieu se donne plus qu'il ne prend ou ne reçoit... La Bible dit même que "Dieu habite la louange de son peuple". Ailleurs, il est écrit : "Ouvres ta bouche et je la remplirai".
Louer Dieu, c'est si souvent une source de plaisir, une démarche qui nourrit et nous aide dans notre développement personnel... Alors, quels que soient nos pauvres mots, la limite de notre inspiration, louons Dieu de tout notre coeur et de toute notre âme, car la bénédiction que nous en retirerons sera toujours le centuple du peu que nous aurons apporté !
Patrick GHEYSEN
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Sources : Aquarelle de Anouchka