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Quand Jésus a eu les boules !

06/05/2009

 

Il ne faut pas confondre avoir les nerfs en boule ou être en boule, qui veulent dire être énervé ou en colère, avec avoir les boules qui signifie " être déprimé ou angoissé " (Dictionnaire Hachette ).

 

 


Il y avait un homme nommé Jésus, qui était aussi le Fils de Dieu. Il avait un ami malade, Lazare, qui vivait à Béthanie, village de Marie et de Marthe, les deux sœurs de Lazare. Jésus aimait beaucoup de monde, mais Lazare était un ami tout particulier, selon les écritures. Jésus aimait aussi beaucoup Marie, celle qui l'oignit de parfum, et qui lui essuya les pieds avec ses cheveux. Ce qui n'est pas forcément courant. Et on peut comprendre que Jésus ait été sensible à une marque d'affection aussi intense et démonstrative. Imaginez qu'une femme vous témoigne autant d'adoration, et vous m'en direz des nouvelles !

Dans la foulée, on peut comprendre que Jésus, qui voyageait pas mal (à pied), avec ses disciples (pas toujours très marrants), ait apprécié les moments de convivialité chaleureuse chaque fois qu'il a eu l'occasion de faire une pause chez les "Lazare" ! Il s'avère que le texte biblique nous informe que "Jésus aimait Marthe", ce qui est une façon assez pudique de souligner que Jésus aime vraiment tout le monde, y compris Marthe, et aussi Marie dans la foulée, sans préférence particulière à priori... toujours selon le texte biblique.

Allez-vous en savoir ce que Jésus en pensait vraiment... Nous ne le saurons jamais, parce que les évangiles ne disent pas tout : ils suggèrent, ils évoquent, ils enveloppent... et mentionnent ici Marthe avant Marie. Ceci est encore souligné plus loin lorsque qu'il est dit que : "Lorsque Marthe apprit que Jésus arrivait, elle alla au-devant de lui, tandis que Marie se tenait assise à la maison." On peut aussi supposer que Marthe était l'ainée des deux soeurs. En toute bienséance, il semble évident de la mettre à l'honneur dans ce récit, et de respecter sa place d'ainée, surtout dans une période de crise, le père Lazare étant à l'agonie. Néanmoins, au moment  où la crise s'intensifie, on assiste à un retournement de situation intéressant : "Ayant ainsi parlé, Marthe s'en alla. Puis elle appela secrètement Marie, sa sœur, et lui dit : Le maître est ici, et il te demande. Dès que Marie eut entendu, elle se leva promptement, et alla vers lui." 

 

 

Mais ce récit a le mérite de souligner l'humanité de Jésus, et le fait qu'il avait lui aussi besoin d'amis, de proches, d'un environnement affectif qui soutient et qui rassure...Impossible de le savoir, les évangiles ne se risquent pas sur ce terrain périlleux. Nous ne le ferons pas non plus ! Seule la Filmographie Hollywoodienne et divers romanciers plus ou moins sulfureux oseront par la suite s'engager sur cette piste ambiguë, sans forcément convaincre qui que ce soit....Visiblement, Marthe considère Marie comme un véritable "joker", une carte à jouer face à un Jésus qui semble bizarrement éluder la perspective d'intervenir pour guérir Lazare.  Quels sont les atouts de Marie ? Nul ne le sait... Etait-elle particulièrement intime de Jésus (et réciproquement...) ?

 

C'est sans doute pour cette raison que Jésus à vraiment "eu les boules" quand il s'est retrouvé face à la tombe de son ami Lazare ! Parce que Jésus aimait beaucoup Lazare, c'est écrit...
 

" Lorsque Marie fut arrivée là où était Jésus, et qu'elle le vit, elle tomba à ses pieds, et lui dit : Seigneur, si tu eusses été ici, mon frère ne serait pas mort. Jésus, la voyant pleurer, elle et les Juifs qui étaient venus avec elle, frémit en son esprit, et fut tout ému. Et il dit : Où l'avez-vous mis ? Seigneur, lui répondirent-ils, viens et vois. Jésus pleura. Sur quoi les Juifs dirent : Voyez comme il l'aimait. "Et l'aspect initiatique de ce récit de l'évangile ne saute pas forcément aux yeux. Car, qui a remarqué que ce texte condensé, qui dit beaucoup de choses en peu de lignes, est une image symbolique de la crucifixion de Jésus. En effet, Jésus agonisant sur la croix semble espérer une intervention de son Père céleste, qui semble par contre déterminé à laisser mourir son fils sur la croix sans intervenir. Le parallèle avec un Jésus qui "trainaille" et tarde à intervenir pour guérir Lazare est étonnamment ressemblant. Le fait que Jésus soit resté 3 jours dans la tombe à l'état de cadavre en voie de putréfaction correspond à ce qui s'est passé pour Lazare, qui était déjà bel et bien bien mort et enterré quand Jésus est arrivé. Et pourtant, Jésus pleure, Jésus craque, Jésus frémit, Jésus est ému, Jésus a les boules !"Avoir les boules", c'est quand on ressent des émotions très fortes, des émotions qui vous nouent la gorge, qui vous submergent, vous font perdre pied...

 
Ainsi, la résurrection spectaculaire de Lazare préfigure celle du Christ, qui n'est pas un signe de l'abandon de Dieu ("Père, Père, pourquoi m'as-tu abandonné ?), mais bien un signe de son plan "subliminal" : sauver l'humanité toute entière de la malédiction du péché et de la mort !

 

Jésus est donc, dans cette épisode Lazardien, à l'école du Saint-Esprit, expérimentant lui-même la douleur intense ressentie par Dieu face à la mort de son Fils bien aimé, "Dieu le Père" étant assigné dans cet épisode (et pour un temps) dans le rôle du grand absent de service... Pour se manifester ensuite dans toute sa gloire et toute sa puissance. C'est le sens de Pâques, qui nous replace devant le divinité de Dieu, devant sa puissance, mais aussi devant l'humanité du Christ qui, comme nous, a du apprendre, expérimenter, voire même "réviser", avant le moment ultime, le grand saut dans l'inconnu de la confiance inconditionnelle ! 

Patrick GHEYSEN

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