François Garagnon

Qui est l’auteur de Jade ? Défini comme «poète et mystique», et perçu par sa jeune biographe comme un «maître-réenchanteur», François Garagnon nous apparaît comme un écrivain du bonheur et de la soif de l’âme. Auteur non médiatique, plusieurs de ses livres ont bénéficié d’un engouement d’une extraordinaire portée, et d’autres titres moins connus font l’objet d’un bouche-à-oreille singulier, témoignant du prosélytisme très actif d’un public d’inconditionnels et de fidèles lecteurs.

Interview :

Comment est née Jade ?




La question m'est souvent posée, et j'avoue avoir du mal à y répondre. Cela me rappelle cette question souriante de quelqu'un qui découvrait mon fils aîné encore nouveau-né : “Mais où donc avez-vous trouvé un bébé aussi joli ?” Jade est comme ma fille emblématique : elle est née de moi, Dieu a fait le reste ! Et si elle grandit bien (en l'occurrence dans le cœur de nombreux lecteurs), si elle fait du bien autour d'elle, j'en suis fier, bien sûr, comme un papa peut l'être de sa fille, mais j'ai l'impression de n'y être pas pour grand chose ! C'est un peu comme un cadeau de la Providence…


Vous voulez dire que vous ne vous attendiez pas au succès de Jade ?


Sincèrement, non. Du moins pas à cette échelle… J'avais l'élan de l'amoureux-fou, qui aime sans savoir pourquoi et qui croit sans preuve. Il y avait toutes ces paroles à délivrer, mais je vous assure : je les ai lancées comme un petit garçon lâche des ballons dans le bleu du ciel : à la fois pour montrer à quel point la beauté est affaire de regard, et puis pour relier les petites graines de vie au grand bouquet de l'infini. Monsieur Saint-Esprit a pris la balle au bond, si je puis dire, et s'est amusé à faire rebondir tout cela…


Vous donnez l'impression que le hasard vous a octroyé ses faveurs. N'est-ce pas une coquetterie d'auteur ?

Mais le hasard est la coquetterie de Dieu quand il veut rester dans l'ombre !


Avez-vous écrit Jade rapidement, ou de manière très mûrie ?


Les deux à la fois. Je veux dire que Jade a habité longtemps dans mon for intérieur. Mais la phase de l'écriture proprement dite est de l'ordre de la fulgurance mystique.


Comment définissez-vous le mystère ?


Ce qui est dans le secret des cœurs et dans le cœur de Dieu. Je citerais volontiers le Livre I de Samuel : « Le regard de Dieu n'est pas le regard de l'homme. L'homme regarde les apparences, mais Dieu regarde le cœur ». Et c'est pourquoi les mystères de la vie nous sont souvent si hermétiques.


Vous parlez beaucoup de “force de l'abandon”. C'est même le titre d'un chapitre de Jade. Quelle est votre conviction profonde sur la frontière entre liberté et fatalisme ?


Vaste sujet en effet, qui bute sur cette question essentielle : Où finit la volonté des hommes et où commence celle de Dieu ? Qu'est-ce qui est dans l'enceinte de mes facultés et qu'est-ce qui est du ressort de la grâce ? Dans mon Livre de Bel Amour et de Sainte-Espérance, j'écrivais ceci : « Il y a plus ardu que de vouloir, que de choisir, que de se battre : c'est de consentir. Accepter cela vers quoi la Providence nous attire. Être en état de “oui” nuptial, et se réjouir de l'éternelle proposition d'amour ». C'est entre la volonté et l'effacement que se trouve la voie la plus belle; c'est la phase de vulnérabilité et de splendeur. Toutes les traditions monastiques l'enseignent : il ne faut rien demander, mais attendre. Attendre patiemment, ardemment, sur le seuil de lumière…« Fais- toi capacité, je me ferai torrent… » C'est là que Dieu, c'est le cas de le dire, oui, Dieu coule de source !


Vous dites à plusieurs reprises dans vos livres : “ Ce n'est pas le trop-plein qui mène à la plénitude, c'est le manque ”…


Effectivement, c'est une idée qui m'est chère, parce qu'elle résume toute la tragédie moderne : nos désirs sont de plus en plus assouvis, et simultanément, notre soif de l'âme semble de plus en plus aigüe. Comme si la surabondance, tout en prétendant nous apporter le bonheur, nous en éloignait radicalement. J'ai longtemps médité cette exhortation de Saint-Exupéry : “ Je t'enverrai mourir de soif dans les déserts, afin que les fontaines puissent t'enchanter ”. Il faut réussir cette délicate alliance de la prodigalité du cœur et de la probité matérielle. Il est urgent de rafraîchir notre regard sur les choses essentielles de l'existence !


On sent que Jade est nourrie d'une foi solidement ancrée. Vous n'êtes pas théologien pour autant…


On devrait davantage méditer sur ce que disait Pascal, à savoir que “l'essence ultime des choses n'est accessible qu'au seul sentiment religieux”… L'Esprit-Saint n'a de cesse de nous inonder de lumière, de faire émerger en nous des mondes intérieurs. Je crois beaucoup à la force souverainement active de l'Esprit. Mais je suis aussi de ceux qui, à la suite de Zundel, prétendent qu'il ne faut pas trop parler de Dieu, car on risquerait de l'abîmer. Zundel disait que “Dieu n'est pas quelqu'un dont on parle, c'est quelqu'un que l'on respire”. Ce qui est une poétique manière de rappeler que vivre dans la foi consiste d'abord à vivre “en actes et en vérité”. Il y a tant de distance entre ce que nous disons et ce que nous pratiquons réellement, entre l'image que nous avons de Dieu et sa réalité, entre notre attente humaine et son dessein de joie parfaite pour nous, entre le bien tel que nous l'imaginons et le souverain bien tel que l'exprime la volonté de Dieu…

C'est le message de Jade ?


C'est le message de toute vie portée à l'intériorité : apprendre à regarder, à contempler, à redécouvrir les choses familières, apprendre à s'émerveiller, trouver son bonheur dans les choses simples, savoir que Dieu est toujours au rendez-vous mais que c'est nous qui n'y sommes pas.


Au fait, pourquoi ce nom : Jade ?


C'est comme le choix d'un prénom pour un enfant. Ça vient comme ça, c'est celui-là et pas un autre et, après, on n'imaginerait pas l'enfant s'appeler autrement. Du reste, l'intuition offre parfois de fascinantes coïncidences que n'autorisent pas les choix argumentés : ainsi j'ai appris, après la parution du livre, que Jade est l'emblème de la perfection; dans la Chine ancienne, l'éloge de Jade est l'éloge même de la vertu ! Et puis, toujours après coup, j'ai découvert que chaque lettre du prénom correspondait au message de Jade : Joie. Amour. Dieu. Emerveillement. Avec ces quatre mots-là, je vous promets que vous êtes armés pour aborder tous les mystères de la vie !

(Interview de F. Garagnon / Télévision Suisse-Romande / Reproduit avec l'autorisation de l'auteur) Voir le site des Editions Monte-Cristo

Commentaire :

Titre de l'article : François Garagnon Nom ou Pseudo : MAB Email : valerie.plaisance@laposte.net Réaction : A la lecture de JADE tout semble si évident !! Ce livre est une profonde merveille, il guide le plus perdu d'entre nous et replace simplement, mais si justement, les mécanismes intérieurs de l'être humain!! Les doutes s'effacent le temps de cette lecture magique et le grand bleu s'installe !! Merci et merci encore Saint François GARAGNON. Plus qu'un écrivain, se pourrait être un "éclindivin". Bien à vous une lectrice désormais pourquoi pas siene.


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